Ils sont restés ensemble quelques mois. Les enfants, eux, garderont sans doute des séquelles pendant des années. Les deux prévenus qui comparaissaient ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Namur, elle, sous les liens du mandat d’arrêt, se sont mis en couple au début de l’année 2021. La prévenue avait 5 enfants, issus de 4 pères différents. Dès les premiers mois de la relation, 3 des enfants, âgés de 9, 3 et un an, ont reçu des coups, qui sont minimisés par les deux prévenus.

La maman déclare : "Mon fils de 3 ans me frappait. Je lui ai donné des fessées, mais pour les raisons qu’il fallait. Je ne frappais pas fort. J’ai eu le premier enfant à 18 ans, c’était trop tôt. j’ai moi-même été frappée dans ma jeunesse."

Le substitut Reusens explique : "Cela a eu lieu entre mars et octobre 2021. Celui qui était âgé de 3 ans portait des traces au visage, dans le dos, sur les fesses. Les enfants recevaient des claques et des coups de pied, la mère a tiré les cheveux de sa fille de 9 ans. Certains évoquent 2 ou 3 claques par jour car les enfants jouaient avec la nourriture ou ne voulaient pas se laver."

Des traces de coups au visage et dans le dos ont été observées sur un des enfants à l’école. Une deuxième victime a affirmé avoir reçu des coups. Des membres de la famille et les voisins ont attesté du climat violent qui régnait dans l’habitation familiale.

Le substitut poursuit, évoquant un "couple infernal" : "Le prévenu a littéralement appris à sa compagne à corriger les enfants, elle qui semblait incapable de les gérer. Il lui a montré comment mettre sa main pour les frapper pour ne pas se faire mal au poignet : il lui montrait comment tabasser ses enfants. Elle n’était pourtant pas violente avant de le rencontrer."

Certaines déclarations du prévenu, qui ne reconnaît qu’un seul coup, ont été citées : "Ce n’est pas moi qui l’ai arrangé comme cela", "Je lui ai donné un coup de pied comme si je shootais dans un ballon de football", ou bien encore : "Tape-le, s’il y a des traces, il n’ira pas à l’école". 36 mois de prison sont requis à l’encontre des membres du couple.

L’avocat de la mère des enfants plaide un sursis simple pour ce qui excède la détention préventive déjà effectuée. Le conseil du compagnon sollicite une peine assortie d’un sursis probatoire.

Jugement le 30 juin.

JVE