Namur

La scène se déroule le 26 mars 2016, en fin d'après-midi. Elle a lieu dans un contexte alcoolisé à proximité de la rue Piret-Pauchet à Namur.

A la base de l'altercation : un jet de canette de bière au visage de l'un des protagonistes. Le prévenu, appelons-le Marc, détenteur d'un lourd casier judiciaire pour faits de vols et de violence, défend son ami et réplique, avec un nouveau jet de canette. Il prend ensuite la fuite et est poursuivi par 3 autres personnes : 2 hommes et une femme enceinte. Marc, porteur d'un couteau papillon, sera l'auteur d'un coup qui sera fatal à Rony, la victime. La lame s'enfonce de 13 centimètres dans son abdomen et s'arrête contre sa 3e lombaire. Rony décédera à l'hôpital quelques heures plus tard, des suites d'une importante hémorragie interne. En chambre du conseil, l'excuse de la provocation est retenue et le dossier prend donc la direction du tribunal correctionnel , où il a été abordé ce lundi.

Le prévenu, qui comparaît libre, nie l'homicide qui lui est reproché. "Je n'ai pas frappé Rony Ancion et je suis formel, le couteau, je ne l'avais pas sur moi et je ne suis pas l'auteur du coup mortel".

Me Bernès, l'avocat de la maman de la victime : « Le prévenu a changé de version a 6 reprises. Il se victimise, banalise les faits et nie sa responsabilité. Le coup porté n'était pas pour se défendre mais d'une violence extrême. »Au civil, il réclame 25.000 € de dommage moral.

Le substitut Gaublomme estime l'intention homicide claire : Marc aporté 3 coups à sa victime, un à la cuisse et 2 à l'abdomen et était en possession d'une arme prohibée. "Etant donné que l'excuse de la provocation a été retenue en chambre du conseil, la peine maximale que je peux requérir est de 5 ans. Je demande donc 5 ans ferme à son encontre»

Me Somers, l'avocate du prévenu, essaie de convaincre le président que son client n'a pas voulu tuer ce jour-là. "Cette mort n'a pas été voulue. Mon client a fui les 3 autres à plusieurs reprises et ils l'ont à chaque fois rejoint. Est-ce le profil de quelqu'un qui veut tuer ?".

L'avocate namuroise plaide « en toute confiance » la légitime défense et demande l'acquittement de son client ou, à défaut, la requalification des faits en coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Jugement le 29 avril.