Namur

Le corps de Claude Gothot a été découvert lors d'une ronde vers 2h15.

Un terrible drame s'est produit dans la nuit de dimanche à lundi au sein de l'hôpital psychiatrique de Dave St-Martin, vers 1h00 du matin. Un patient a tué Claude Gothot, né le 15 février 1946 à coups de poing pour un motif apparemment totalement délirant. "Aucune arme ni objet n'a été utilisé. Le motif de la dispute est que la victime aurait volé un château. Ils présentaient des pathologies totalement différentes mais cohabitaient au sein de l'hôpital depuis longtemps. Ils dormaient chacun dans une chambre distincte mais étaient libres de se déplacer", explique le parquet de Namur.

Vers 1h30, l'auteur des faits s'est présenté à la permanence de l'hôpital en déclarant qu'il voulait aller en prison. Le personnel ne s'est toutefois pas inquiété outre mesure de ses propos, vu les nombreuses déclarations "délirantes" auxquelles ils sont régulièrement confrontés. "C'est vers 2h15 lors d'une ronde que le corps de la victime a été découvert", poursuit le parquet de Namur. Le suspect a été privé de liberté et le dossier mis à l'instruction. Les dossiers médicaux des deux protagonistes vont être récupérés afin d'en savoir plus sur leurs pathologies et tenter de vérifier si cet acte était prévisible. L'auteur des faits sera par ailleurs entendu dans le cadre d'une audition vidéo-filmée, vu le contexte. "Celle-ci sera réalisée par des enquêteurs spécialisés pour éviter toute pression, en présence de l'avocat du suspect. L'audition pourra ainsi être vue par un psychiatre." Une autopsie du corps de la victime doit également encore être réalisée.

La direction de l'institution s'est exprimée à ce sujet via un communiqué de presse : "Les circonstances ne sont pour l'instant pas encore entièrement connues. Une enquête judiciaire est en cours et le secret de l’instruction est d’application. Les faits se sont déroulés au sein d'une unité de soins fermée dans laquelle les patients circulent librement. Ce service dispose d'une infrastructure et de mesures d'encadrement en adéquation avec l'état de santé des usagers. De jour comme de nuit, le nombre d'infirmiers est légalement fixé et respecté par notre institution. Dès la dramatique découverte, tout le protocole interne a été rigoureusement appliqué, grâce à la réaction professionnelle de l'équipe de nuit. Une cellule de crise a rapidement été mise en place, en soutien aux autres patients et au personnel, en vue de maintenir la qualité des soins prodigués aux autres usagers. L'institution travaille en lien étroit avec les autorités afin de comprendre les circonstances exactes de ce drame. Elle est aussi en contact avec la famille de la victime."

L'autopsie du corps de la victime a été pratiquée lundi après-midi. Le suspect a été entendu par la police et sera présenté au juge d'instruction mardi. Il ne conteste pas la matérialité des faits, à savoir avoir tué sa victime, mais il est trop tôt pour parler des circonstances.