Le 4 avril 2018, un jeune homme a cru bien faire en poursuivant un automobiliste qui venait de défoncer une barrière, à Eghezée. C’est en tout cas ce qu’il a expliqué devant le tribunal correctionnel de Namur, devant lequel il est poursuivi pour entrave méchante à la circulation. "Monsieur a contacté la police quand il a vu l’infraction. Mais au lieu de s’arrêter là, il s’est senti investi d’une mission. Il l’a suivi en prenant tous les dangers. Il restait devant la police qui ne parvenait pas à passer. À St-Germain, le fuyard a contourné un barrage de police. Monsieur a fait de même. Il l’a ensuite dépassé et a freiné devant lui pour le bloquer", précise le parquet de Namur qui regrette un tel comportement. "Si monsieur le veut vraiment, il existe des formations pour devenir policier."

Le prévenu, lui, n’a pas vu le mal et ne semble toujours pas le voir plus de trois ans plus tard. "Je suis resté en ligne avec la centrale de la police alors que cette autre personne s’échappait. Je donnais les infos pour qu’ils puissent l’interpeller. Je pense avoir fait le meilleur pour les aider."

Une prévention similaire, commise en mars 2019, confirme que l’homme est un justicier de la route. Il a poursuivi le véhicule de son rival amoureux dans lequel se trouvait aussi son ancienne compagne. Il klaxonnait et faisait des appels de phare à tout va. "Il l’a mise en danger en conduisant comme il le faisait. J’ai agi de la sorte pour prévenir les autres usagers"

Malgré son jeune âge, le casier judiciaire du prévenu est loin d’être vierge : 19 antécédents. Les deux-tiers concernent du roulage. Jugement le 14 janvier.