Denis veut les distribuer à la prison d’Andenne.

Le gel hydroalcoolique, les masques de protection et les gants sont devenus des denrées rares mais encore plus précieuses durant la pandémie. A ces objets, sont venues s’ajouter les visières qui peuvent apporter une protection supplémentaire.

Pas satisfait à 100 % du matériel sanitaire mis à la disposition du personnel de la prison d’Andenne ("soit un masque FFP2 ou un masque d’une couche fait par des prisonniers, des gants et du gel"), Denis Balthazart, agent pénitentiaire, délégué syndical SLFP, a utilisé son temps de confinement (malade, il est cloîtré à la maison depuis trois semaines) pour chercher une solution. D’abord conseillé par sa compagne, infirmière aux soins intensifs de Mont-Godinne, il a acheté deux visières de protection à 2,5€ avant de voir un élan de solidarité s’enclencher en peu de temps.

"De fil en aiguille, je suis entré en contact avec Michael qui, dans la région de Charleroi, via une plateforme, permet de récolter des visières construites en 3D ! J’ai passé la première commande le mardi, jeudi, je recevais déjà les premières livraisons. Un tel élan de solidarité, c’est tellement exceptionnel !", s’enthousiasme celui qui, dorénavant, se sent redevable envers toute cette aide.

Plus d’une centaine de visières de protection sont désormais stockées chez lui où huit personnes vivent actuellement. "J’en attends normalement encore. J’espère pouvoir en dénombrer jusque 200."

Encore en congé de maladie, Denis veut maintenant pouvoir les distribuer. A la prison d’Andenne en premier lieu. "J’attends d’avoir le feu vert de ma direction et voir comment on pourrait faire. On possède des masques, on utilise des gants et du gel mais les masques utilisés, en dehors des FFP2, et fabriqués par des prisonniers en Belgique, n’ont qu’une seule couche même si le tissu semble aux normes. Utiliser la visière en plus est de toute façon une sécurité supplémentaire, c’est toujours important et moi, ça me rassure davantage", ajoute Denis. "Avec une centaine, cela peut suffire, en les désinfectant régulièrement, pour les deux rotations. Chacun les utilisera s’il le veut parce que ce n’est pas si simple de travailler avec ça. On avait déjà dû apprendre à travailler avec un masque, des gants tout en intensifiant le lavage des mains. Ensuite, je pense que les détenus servants d’aile doivent aussi en avoir accès. Ils sont aussi en contact avec d’autres personnes. Tout le monde ne sera pas forcément d’accord avec moi mais pour moi, il est aussi indispensable qu’ils en aient."

Si Denis Balthazart se réjouit de recevoir autant de visières, c’est grâce à Michael Branco et son équipe de 3D Online (basée à Sambreville et qui fabrique des imprimantes 3D, qui impriment en 3D et qui fournit à ses clients les matières premières) qui a organisé toute cette solidarité. “Pour moi, c’était tout à fait logique de mettre notre savoir-faire au profit de cette solidarité”, lance-t-il. “De par notre spécificité, on était au courant du COVID déjà en décembre. On a créé un fichier Excel et tous nos clients sont invités à imprimer les visières. Au total, pour toutes les demandes, on a dépassé les 7000 visières. Finalement, même les particuliers peuvent faire preuve de solidarité et d’entre-aide. C’est super.” Mais à Sambreville, on ne s’arrête pas qu’aux visières. “On travaille aussi sur les raccords pour les masques respirateurs de Decathlon. C’est en test, on doit avoir la validation des ingénieurs et voir comment on peut développer ça mais ceci nécessite un paramétrage précis de l’imprimante pour qu’il n’y ait pas de nids à bactéries qui puissent se développer, ce n’est donc pas donné à tout le monde.”