Les avocats des parties civiles ont plaidé vendredi matin.

Le procès de Michaël Brohé et Stéphanie Schlamp, accusés d’assassinat et de tentative d’assassinat sur Robert Robert et Prescillia Greuse à Walcourt le 14 novembre 2017, s’est poursuivi vendredi matin devant la cour d’assises de Namur avec les plaidoiries des avocats des parties civiles.

Me Bastianelli, l’avocat du père de Robert Robert, la victime de Schlamp et Brohé, a tenté de démontrer aux jurés de la cour d’assises qu’il y avait bien eu meurtre et préméditation le 14 novembre 2017 à Gourdine.

"Un couteau muni d’une lame de 20 centimètres a été utilisé. Une demi-douzaine de coups ont été donnés dans la région thoracique, avec une intensité telle qu’ils ont perforé les poumons, la cage thoracique et les bronches de Robert Robert."

Selon le conseil du père de la victime, il y a bien eu préméditation. "Il y a bien eu un plan, une réflexion. Cela ressort clairement du dossier répressif et ne laisse aucun doute, même si les accusés ont donné 6 à 7 versions des faits." Pour asseoir la préméditation, les sms échangés entre Brohé et Schlamp, qu’ils ont volontairement effacés, sont évoqués : "La guerre est déclarée", "On ne s’attaque pas à ma famille", "Ca ira pour la culpabilité ?", " As-tu préparé les affaires ?", en référence à la présence de la batte de base-ball, ou "Je t’expliquerai, c’est tout simple".

D’autres éléments sont mis en avant, comme le fait que Brohé, cuisinier, n’avait pas travaillé depuis 3 semaines et est pourtant allé sur son lieu de travail ce jour-là, revenant avec un couteau. Mais aussi la préparation de la batte de base-ball avec laquelle les deux victimes ont été frappées. Ou le fait que Robert a été attiré par Brohé dans l’appartement.

L’acharnement de Brohé envers Robert est évoqué : un premier coup dans le dos, le fait qu’il se soit mis à califourchon sur lui pour le frapper avec le couteau : "C’était une exécution. Après la scène durant laquelle Greuse a été poignardée, Brohé lui a demandé de s’accuser des faits, sous peine de l’achever". Me Bastianelli relève aussi "le sang-froid extraordinaire et le machiavélisme profond" du couple juste après les faits. "Brohé a lancé une lessive, a éliminé les preuves, notamment en faisant disparaître les téléphones des victimes, sa femme lui a bandé la main car il s’était blessé en poignardant Robert et a passé un coup de torchon. Ce n’est clairement pas le comportement de personnes ayant agi sur un coup de sang comme l’accusé le prétend, ils ont agi dans la maîtrise la plus totale, avec froideur et aplomb."

Si Me Szynkowicz, avocate de la demi-sœur maternelle de Robert, évoque "un guet-apens", "une boucherie et "un carnage", Me Donadello, qui intervient pour Prescillia Geuse, parle d’une réelle mise à mort. "Ma cliente, qui a passé 2 jours dans le coma, a été considérée comme une miraculée par ses soignants. Les accusés sont si peu sincères que l’on frôle l’absurde."

Me Devaux, avocat du père de Prescillia Greuse, est revenu sur le rôle qui a été celui de Stéphanie Schlamp . "Elle s’est montrée solidaire de Brohé dans la participation. Après la mise à mort de Robert Robert, elle aurait pu tout arrêter et appeler au secours. Mais elle a ouvert à Prescilia Greuse et l’a frappée avec une batte. Et pourtant, elle venait de voir son mari tuer Robert, malgré cela, elle n’a pas découragé Prescillia, son amie, de venir. Elle avait au contraire préparé la batte et a frappé sa victime derrière la tête, elle s’en est prise à elle en pleine connaissance de cause."

JVE