Namur Elle aurait perçu indûment près de 30.000 euros. 12 mois de prison sont réclamés

Marie (prénom d’emprunt) a un don. Elle le sait depuis sa plus tendre enfance. Mais elle est également malade. "Je ne travaille plus depuis 1984, je suis insulinodépendante et je dois réaliser 5 piqûres par jour." A ce titre, Marie perçoit des allocations de Solidaris, sa mutualité. Un problème s’est cependant posé quand elle a commencé à exploiter son don de médium… tout en continuant à percevoir ses allocations. En 2012 et jusque 2018, selon l’auditorat du travail, qui estime, sur base des calculs que l’Inami a transmis à Solidaris, que la somme indûment perçue s’élève à 29.320 euros.

Lors de l’instruction d’audience, Marie reste très évasive sur les fréquences des séances qu’elle tient et sur les montants gagnés avec celles-ci. "Je fais des séances de tarot pour aider les gens. Je peux aussi calmer les brûlures ou faire partir les verrues. Durant la période évoquée, je suis parfois restée 3 mois sans recevoir personne. Je ne sais pas vraiment combien cette activité m’a rapporté, ce n’était pas régulier et pas vraiment lucratif. Depuis 2018, je suis indépendante complémentaire, je passe par la Smart et pour la première année, j’ai gagné 1000 euros."

Pour l’auditorat du travail, Jérôme Deumer se montre très factuel. "Madame mentionnait son activité sur Facebook, elle avait des cartes de visite et deux téléphones dont un était dédié à son activité. On lui donnait parfois 70 ou 90 euros par séance. On estime que pour la période 2016-2017, cette activité de médiumnité lui a rapporté 13345 euros. On estime qu’elle a tenu 73 jours de consultations en 2012 et 105 en 2017, sur base de ses agendas." L’auditeur du travail réclame 12 mois de prison et la restitution des indemnités perçues.

L’avocate de Marie estime que celle-ci a été dépassée par le succès de son activité. "On a trouvé des noms dans ses agendas, mais est-ce que cela correspond à des soins prodigués ? Pour une des dates mentionnées, madame a reçu la visite de sa coiffeuse et de son cousin. Quant à la somme de 29000 euros, elle ne correspond selon moi à rien car aucun relevé ne figure au dossier, un montant à rembourser ne peut donc être déterminé. Je demande pour elle une peine avec sursis."

Jugement le 13 novembre.