En début d’après-midi, l’avocat général Goblet a entamé son réquisitoire. Elle a demandé aux 12 jurés d’estimer l’intention homicide établie dans le chef de l’accusé Lonnie Meunier et de ne pas suivre la défense sur la voie de l’homicide involontaire.

Pour l’avocat général, il n’y a pas eu de consentement de la victime lors des faits. "Même s’il a été donné, il ne peut pas être pris en considération". Le profil psychologique de l’accusé a ensuite été abordé. "Les experts décrivent un individu d’apparence normale, mais adepte de la manipulation, du mensonge, présentant des tendances psychopathiques, peu tolérant à la frustration, doté d’une hostilité hypercontrôlée et de peu d’empathie"

Le profil narcissique de Meunier est aussi évoqué, "une face sombre et inquiétante, une importante fantasmatique, une façon d’entretenir le secret et le déni."

L’avocat général a ensuite repris chronologiquement les faits. En commençant par la rencontre entre Meunier et Wauthier, via une petite annonce. "Les nombreux échanges de mails font froid dans le dos. Elle cherchait un travail et lui une manière de vivre ses pulsions sexuelles. A plusieurs reprises, elle abordait la question financière qui était importante pour elle, mais il n’avait pas l’intention de payer et lui mentait en lui faisant miroiter la perspective d’un emploi, se faisant passer pour un golden-boy qu’il n’était pas."

Selon le magistrat, la version donnée par Meunier dans laquelle il se fait passer pour quelqu’un de passif venant prendre une leçon de masochisme, durant laquelle il donne du plaisir à celle qui reçoit de l’argent en échange est loin de la réalité des faits

"C’est selon moi après la troisième scène que le drame s’est joué. La question de l’argent a sans doute été abordée. Pour moi, l’accusé a été pris d’une rage, d’une pulsion sexuelle d’une violence extrême qui l’a fait déraper. Marie-Claire Wauthier s’est retrouvée avec sa petite culotte enfoncée très profondément enfoncée dans la gorge, il a peut-être voulu la faire taire. Elle a peut-être été étranglée par-derrière par une pression très importante, comme les légistes l’ont expliqué. Elle aurait théoriquement pu basculer sur le côté pour réduire la traction sur ses voies respiratoires mais ne l’a pas fait. Sans doute car on l’en a empêchée."

Selon l’avocat général Goblet, les gestes posés par Meunier étaient volontaires et de nature à causer la mort de Marie-Claire Wauthier, sans doute à cause d’une décharge pulsionnelle possible au vu de la personnalité de l’accusé.

JVE