Un regard très critique sur le nouvel arrondissement judiciaire

MARCHE-EN-FAMENNE C’était dans l’air : le Luxembourg ne formera plus qu’un seul arrondissement judiciaire. Fini, le temps où il convenait de parler de Marche-en-Famenne, Neufchâteau et Arlon.

Pour le justiciable, rien ne change cependant. “Toutes les implantations restent à leur place”, confirme le président du tribunal de première instance d’Arlon, Claude Demanet. “Il n’est plus question de les centraliser.” Selon le magistrat, cette réforme était nécessaire. “C’est un moindre mal”, précise-t-il. “Cette formule fonctionnera, en Luxembourg.”

Dans l’arrondissement de Marche-en-Famenne, l’accueil est plus critique. Le procureur du Roi, Elisabeth Dessoy, se dit insatisfaite. À ses yeux, un problème de recrutement se posera très rapidement. “D’abord, en regroupant les forces, nous n’arriverons pas à permettre une spécialisation des magistrats et c’était un des buts de la réforme”, explique-t-elle. “Ensuite, il est très difficile de recruter des magistrats originaires du Luxembourg.”

Ainsi, à Marche-en-Famenne, un seul substitut provient de la région. Les autres habitent dans le Namurois ou à Liège. “Demain, pour une place vacante, vous n’aurez pratiquement personne car les gens vont devoir aller jusqu’à Arlon. Je ne vois pas l’avantage de cette réforme et nous n’arriverons pas à rencontrer ses objectifs. Où serait l’avancée, à partir du moment où un magistrat passerait beaucoup de temps sur la route ? Les distances vont neutraliser les conséquences positives espérées”, enchaîne Elisabeth Dessoy. Elle était favorable à un rapprochement avec Dinant et Huy.

Le procureur du Roi regrette, en outre, l’absence de pools de magistrats, spécialisés dans certains domaines. “Ils auraient pu venir, quand c’est nécessaire et, de notre côté, nous aurions conservé des compétences classiques”, signale-t-elle. Bref, la réforme risque de compliquer le travail au quotidien, à l’en croire.



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