Entre le 13 et le 20 avril dernier, la région namuroise a connu une vague de vols à l’arraché, dans le centre de Namur, mais aussi à Loyers et Gembloux. Dans la plupart des cinq faits de ce type, deux des prévenus utilisaient la voiture d’une complice pour repérer tôt le matin leurs victimes, des dames âgées pour la plupart. Un homme descendait alors du véhicule et agressait la victime avant de prendre la fuite avec son sac.

Une des victimes (62 ans), qui partait travailler, a été agressée à 5h35… devant le palais de justice de Namur le 15 avril. Un peu plus tard ce jour-là, vers 7h30, un autre vol a été perpétré à Loyers. La victime a été plaquée au sol et l’auteur a menacé de la tuer pour lui voler son sac à dos. Le 20 avril, la victime est tombée, l’auteur l’a traînée au sol et lui a écrasé la main avant de repartir avec son butin. Dans un autre cas, un smartphone a été volé. La victime a pu identifié l’auteur du vol après avoir découvert des seflies de celui-ci sur son icloud.

Le fait, dans un des cas, d’avoir tenté de retirer de l’argent avec une carte de banque, constitue la prévention de fraude informatique. Les deux principaux auteurs ont été interpellés le 22 avril 2021, l’un était armé d’un couteau de cuisine de 21 centimètres, le second d’un tournevis et de deux cutters. Le principal prévenu vendait également de la cocaïne.

Le parquet de Namur requiert une peine de 7 ans de prison contre le principal prévenu, qui commettait les vols avec violence. Le ministère public réclame 4 ans contre celui qui conduisait le véhicule, sans s’opposer à un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive déjà effectuée. 30 mois sont requis contre le complice d’un des vols et un an est réclamé contre celle qui prêtait son véhicule, absente au tribunal ce lundi.

Le substitut De Fays commente les faits : "Dans la plupart des vols, le modus operandi était le même : deux auteurs s’en prenaient la nuit à des personnes vulnérables avant de prendre la fuite en voiture. Les victimes étaient souvent attaquées par-derrière. Des faits d’une très grande lâcheté, détestables, commis par un individu à la violence exacerbée. Le principal prévenu, qui ne reconnaît pas les faits, a un casier de près de 9 pages, il a notamment déjà été condamné à des peines de 3 ans ou 42 mois pour des faits de même type, et en 2016 à 30 mois pour harcèlement. Au total, il a déjà passé près de 6 ans en prison."

Le conseil du principal prévenu demande la clémence du tribunal, alors que celui du conducteur du véhicule plaide un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive. Le conseil du dernier prévenu présent devant le tribunal plaide une peine de travail.

Jugement le 7 février.