Deux versions diamétralement opposées. En mars dernier, un père de la région namuroise était accusé de viols et d’attentats à la pudeur sur son fils adoptif, l’enfant d’une précédente union de celle qui était sa compagne au début des années 2000. Les faits ont commencé alors que l’enfant avait 7 ans et ont duré jusqu’à ses 14 ans.

Interrogé par le tribunal, le prévenu reconnaissait tout au plus des gifles et des fessées sur la victime. Il évoquait également des constipations régulières qui l’auraient amené à pratiquer une manoeuvre de "débouchage" telle que pratiquée dans le cadre de sa profession sur l’enfant. Si la victime avait déjà évoqué des attouchements alors qu’elle était encore mineure, c’est lors de sa majorité qu’elle a porté plainte contre son père adoptif et dénoncé les viols.

Le jeune homme est depuis lors incontinent et se trouve en état de détresse psychologique. Son avocat confiait : "Il y a eu 12 tentatives de suicide, mais aussi des scarifications et des automutilations. Il évoque des baisers, des caresses, son père adoptif qui le rejoint dans le bain ou dans son lit, l’obligation de le masturber et de lui faire une fellation et enfin des viols. Aujourd’hui, il garde de graves séquelles, une prise en charge psychiatrique à très long terme est évoquée. Il est incontinent et ne veut plus entendre parler de sexe. Et il nie toute pratique de la technique du débouchage sur sa personne."

Le parquet de Namur réclamait une peine de 5 ans de prison sans s’opposer à un sursis probatoire. "L’expertise psychologique a été traumatisante pour la victime, qui a tenté à ce moment encore de mettre fin à ses jours. Le prévenu affirme pour sa part avoir toujours agi en bon père de famille. D’après les experts, l’incontinence fécale dont souffre la victime est bien d’origine traumatique. Cette personne est démolie jusqu’à la fin de sa vie."

Ce jeudi, le prévenu a été condamné à une peine de 5 ans de prison assortie d'un sursis de 5 ans pour la totalité. Le tribunal a souligné le dépassement du délai raisonnable et accorde à la partie civile une somme de 5000 euros à titre provisionnel et demande la désignation d'un expert qui sera chargé d'objectiver le dommage réel, une incapacité à plus de 50% n'étant pas à exclure.