Namur Pour l’ex-bourgmestre de Viroinval, il y a des enjeux bien plus importants que la perte de son mayorat.

Jean-Marc Delizée, voici un mois que vous avez cédé le mayorat à Baudouin Schellen. Votre sentiment aujourd’hui ? Colère ? Amertume ?

"Je suis déjà branché sur demain. L’avenir est une motivation. Il faut éviter tout nombrilisme quant à ce qu’il s’est passé à Viroinval, il y a des enjeux bien plus importants, au niveau de la région, du pays et au-delà. J’ai le sentiment du devoir accompli, j’ai fait des choses dont je pense ne pas avoir à rougir mais ça a été un travail collectif, je n’aime pas le culte de la personnalité. Votre liste perd sa majorité absolue mais reste de loin la plus importante."

Vous souhaitiez conserver cette majorité en place depuis 24 ans mais les autres en ont décidé autrement. Vous vous sentez trahi ?

"La majorité sortante aurait pu représenter 13 sièges sur 17, ce qui était assez confortable. Elle était plébiscitée par la population. Quand la nouvelle coalition a été annoncée, ça a fait un choc dans l’entité d’autant plus qu’il y avait une réelle volonté de poursuivre la coalition Pour (tendance socialiste) et Récit (tendance CDH). J’ai joué le jeu de la confiance mais de son côté Schellen n’a pas respecté cet engagement verbal et a déployé beaucoup d’énergie pour devenir le maître absolu."

La nouvelle majorité est très étroite…

"Effectivement, elle dispose de neuf sièges contre huit. Mais surtout, le nouveau bourgmestre dirige une équipe sans expérience, sans forte personnalité et ça se ressent déjà. On espérait une note de politique communale pour connaître les intentions de la nouvelle majorité mais celle-ci ne sera discutée que fin février. Cette dernière n’a présenté qu’un budget d’affaires courantes sans aucune nouveauté, sans ambition, on ne voit pour le moment aucun projet nouveau, on verra comment ça évolue. Pour notre part, on fera une opposition constructive. On a des projets, des idées, on fera en sorte qu’ils aboutissent."

Quelle est l’ambiance aujourd’hui au conseil communal ?

"Le premier conseil était extrêmement tendu et ça c’est une grande nouvelle parce que depuis 24 ans on était dans un contexte de large majorité et de large adhésion de la population. La tension palpable a succédé à la sérénité."

LEF