Namur

Parmi les conditions relatives à cette mesure, on retrouve l’obligation pour le prévenu de suivre une formation de conseiller en prévention de niveau 3.

Le 28 avril 2017, Marcel, la cinquantaine, travaille pour la société de Quentin sur un chantier de placement d’une nouvelle toiture sur un hangar à Vodelée. Alors qu’il ne devait effectuer que de la manutention, il décide d’épauler les autres travailleurs en l’absence de Quentin en montant sur le toit pour installer des plaques en métal. Il a plu, il glisse et chute d’une hauteur de 8 mètres. Marcel perd la vie.

Le 25 septembre, Quentin, le patron et ami de Marcel était présent devant le tribunal correctionnel de Namur pour s’expliquer au sujet de divers manquements et préventions : absence d’analyse des risques dans le cadre du chantier, manque d’information sur les risques liés à celui-ci, manque de dispositifs de protection des travailleurs et homicide involontaire par défaut de prévoyance et de précaution.

Quentin expliquait: "Il n’était pas prévu qu’il monte sur le toit ce jour-là, il devait juste effectuer de la manutention. Placer un échafaudage sur ce chantier n’avait pas de sens : il aurait été impossible à lier. Le matériel pour installer une ligne de vie était dans la camionnette. Il a plus ce jour-là et l’accident est survenu. Depuis, je suis beaucoup plus strict par rapport à mes travailleurs."

Pour l’auditorat du travail, la faute était bien celle de Quentin : il aurait dû surveiller le chantier. "L’emploi d’une nacelle ou l’installation d’une ligne de vie auraient permis d’éviter le drame. Tout comme le fait de mieux préparer le chantier et de le sécuriser."L’auditeur du travail réclame une peine de probation autonome incluant une formation sur la sécurité sur le lieu de travail accompagnée d’une amende de 100€ majorée des décimes additionnels à l’encontre de Quentin.

Présente dans la salle , la veuve de Marcel confiait : "Marcel serait monté sur ce toit même si on lui avait demandé de ne pas le faire. Il n’y avait ce jour-là cependant pas les moyens de sécurité qui auraient dû être mis en oeuvre. Il y a des torts des 2 côtés. Je ne veux pas que Quentin aille en prison, il n’a pas souhaité la mort de mon mari, mais ce genre de drame où des familles sont brisées ne doit pas se reproduire."

 Le tribunal correctionnel de Namur a accordé la suspension du prononcé de la condamnation pour une durée de 3 ans au prévenu. Parmi les conditions relatives à cette mesure, on retrouve l’obligation pour le prévenu de suivre une formation de conseiller en prévention de niveau 3.

Au civil, la famille de la victime a déjà été intégralement indemnisée