Damien (prénom d’emprunt), était venu d’Italie pour travailler en Belgique afin de payer le mariage de sa fille. Dans ses valises, un talent certain pour confectionner de véritables pizzas napolitaines, mais aussi une douzaine de condamnations, pour des vols avec violence, des extorsions, une évasion,…

Si Damien a rapidement trouvé du travail chez nous et que les choses se présentaient bien pour lui, il est rapidement retombé dans un de ses vieux travers : la drogue. Il a commencé à fréquenter un squat de la rue Godefroid où vivait une amie pour se fournir. Il aurait été volé une fois ou deux. Le 31 janvier dernier, on lui a subtilisé 50 euros alors qu’il n’en devait que 20 pour le cannabis qu’il venait d’acheter. Ses agresseurs/fournisseurs l’ont enfermé dans les toilettes. Hors de lui en sortant de là, il a bouté le feu à cet immeuble à appartements. Avant d’être rapidement interpellé grâce aux caméras de surveillance de la ville.

Interrogé par le juge d’instruction, il a d’abord expliqué ne pas connaître l’endroit. Puis, confronté à l’irréfutable (le briquet a été retrouvé sur lui), il a avoué, en expliquant qu’il était désolé mais qu’il avait déjà été volé plusieurs fois à cet endroit.

Je n’avais pas bu et pas pris de stupéfiants ce jour-là. Je ne sais pas expliquer ce qui s’est passé. Je n’ai jamais pensé offenser la Belgique, j’aime être en Belgique”. “Que ce soit en Belgique ou ailleurs, il est interdit de mettre le feu, vous devriez le savoir”, lui rétorquait la présidente Matagne le 6 mai dernier à l'audience

Le substitut Seminara évoquait des faits extrêmement graves et réclamait 6 ans de prison. “Même si les conséquences ont été rapidement maîtrisées, le fait que l’immeuble soit habité et que les faits se déroulent la nuit sont des circonstances aggravantes. Les aveux n’ont été obtenus qu’aux forceps, quand le prévenu était confronté aux images de vidéosurveillance.

Considérant que son client n’a pas d’antécédent en Belgique, le conseil de Damien plaidait un sursis probatoire pour son client. “La drogue a réellement causé sa perte, c’est pour s’en acheter qu’il a enfreint la loi à de nombreuses reprises en Italie. Il a commis un vol en violence en 1999 et une évasion en 2014, c’est vrai. Sa femme et sa fille lui ont tourné le dos, mais depuis, il s’était sevré de la cocaïne. Il est expert dans la façon de faire les pizzas napolitaines et il a découvert Dieu. Il venait en Belgique pour financer le mariage de sa fille aînée, qui a une vingtaine d’années. À cause de cet incendie, le mariage a eu lieu, mais sans lui, il en est d’ailleurs anéanti. Aujourd’hui, il souhaiterait poursuivre sa vie et travailler en Belgique.

La sentence est tombée ce jeudi : une peine de 5 ans de prison