Après un an d’absence, les Fêtes de Wallonie font leur grand retour. Des Wallos particulières, néanmoins, puisque les échoppes destinées à la vente d’alcool sur la voie publique sont interdites. Seul le service en terrasse est autorisé. Ou à l’intérieur du bar. Ce vendredi, les cafetiers que nous avons pu interroger étaient loin de tous se réjouir. "La Ville dit qu’il y a des Fêtes de Wallonie, mais en réalité, il n’y en a pas. Il n’y a pas de scène et on ne peut pas mettre de musique qu’on entendrait depuis la voie publique. Et pourtant, on nous met une grosse pression", indique Karim Ouaslati, gérant du Havana, Havana Lounge et de La Piazza. À commencer par l’interdiction de servir des boissons dans un verre, en terrasse. "On a reçu ce mail lundi. On doit obligatoirement utiliser des gobelets. On a eu quatre jours pour en trouver dans les grandes surfaces car c’était trop tard pour en avoir auprès des fournisseurs. Je ne peux par ailleurs pas servir du vin ou du champagne dans des gobelets…", regrette Karim Ouaslati.

Autre point de crispation : la gestion des clients et des flux tout au long du week-end. Le jeudi soir, qui lance habituellement les hostilités, s’est bien déroulé sur la Place du Vieux. Les terrasses affichaient complet. "C’était plutôt positif", affirme Simon De Fays des Poules à lier. "À 1h00, tous les cafés fermaient." Les craintes sont par contre plus grandes pour vendredi, samedi et dimanche soir. Théoriquement, les cafés peuvent ouvrir jusqu’à 4h00 (Ndlr : et le service jusqu’à 3h30) mais aucun des cafetiers interrogés ne compte aller jusque-là. "Les gens de Liège, Charleroi ou d’ailleurs vont débarquer ici car ils pensent qu’il y a de vraies Wallos. Sans parler de ceux qui vont repasser après les concerts. Ça va être le bordel", poursuit Karim Ouaslati. "J’ai très peur des retours des concerts où les gens étaient libres avec le Covid Safe Ticket. Ils vont revenir ici où il y aura de nouveaux des règles à respecter. D’autant qu’entre les terrasses, il y a la voie publique sur laquelle on n’a rien à dire", embraye Simon De Fays.

Sentiment partagé par Claude Genette, gérant de l’Extérieur Nuit et du restaurant Fenêtre sur Cour. "L’important est d’avoir une présence policière et qu’elle soit visible. Je ne tiens pas à être le dernier à fermer. Quand les gens ne seront plus aptes à supporter l’alcool, je fermerai."