Le Grand Pré fonctionne désormais selon l’approche Montessori. Rien n’est imposé aux résidents : un choix innovant qui a du mérite.

Lorsqu’ils entrent en maison de repos, les résidents redoutent souvent d’être infantilisés. Même si l’intention n’est pas telle, les horaires imposés pour les repas et les toilettes, les soins et les visites, peuvent être ressentis comme des contraintes signifiant la fin de la liberté et de l’autonomie des résidents.

Le Grand Pré, qui vient d’être inauguré après transformation et extension, a voulu couper les ailes à cette perception.

Profitant des changements architecturaux importants et de l’extension de capacité de la maison de repos, l’ensemble du projet de vie de l’institution a été revu en novembre 2018.

Même si le Grand pré a presque doublé sa capacité, son approche humaine et familiale ne s’est pas perdue : depuis 6 mois, l’équipe fonctionne selon l’approche Montessori. "On la connaît surtout comme une pédagogie qui repose sur l’éducation sensorielle et kinesthésique de l’enfant, mais elle s’adapte aussi aux maisons de repos et de soins" , note Philippe Noël, le président du CPAS qui n’a pas encore fait le bilan avec les équipes, mais a assisté à la préparation et à la mise en place.

Le Grand Pré s’affiche ainsi plus que jamais comme une maison de vie centrée sur les personnes. Chacun est respecté en fonction de ses capacités (et non de ses limites) et est invité à participer à la vie de l’institution, quel que soit son état physique ou cognitif.

"L’approche consiste notamment à ne pas imposer d’heure pour la toilette ou le repas. On se base sur les compétences et envie des personnes. Ainsi, si un petit magasin d’appoint doit être tenu, pourquoi ne le serait-il pas par un résident qui a été commerçant ?" , explique Philippe Noël qui avoue que cela demande des efforts tant au personnel soignant, qu’au personnel d’entretien.

Cette approche où chacun a une place importante a conduit à renoncer à créer l’unité sécurisée pour 15 personnes désorientées inutilement prévue. Après réflexion, cette option initialement prévue a été abandonnée pour viser une intégration globale des personnes avec des difficultés cognitives dans l’ensemble de la maison de repos, correspondant au nouveau projet de vie de l’institution.