La tentation est forte de profiter de la Meuse comme un cours d'eau dédié aux loisirs. Or, il s'agit d'un lieu de passage important de navires de marchandises. Le cohabitation sur l'eau demande le respect des règles de navigation pour la sécurité de tous. Depuis plusieurs semaines, les professionnels de la navigation se plaignent du mauvais usage de la Meuse avec des embarcations ou engins, risquant parfois leur vie. A tel point que les clubs nautiques, parfois assimilés à ces dérives du fait qu'elles se déroulent sur leur espace, se sont sentis obligés de réagir.

Suite aux nombreuses plaintes sur le mauvais usage du bief de Wépion, le club RYCSM (Royal Yacht Club Sambre et Meuse) expose son point de vue.

"Nous regrettons vivement les nombreux excès relevés sur l’entièreté du bief cette année, nous apportons une attention toute particulière afin que nos membres aient une conduite exemplaire tant sur l’eau qu’en dehors. Nous veillons à ce que les membres soient en ordre d’immatriculation et d’assurance et nous n’hésitons pas à recadrer en douceur tout membre de notre club qui commettrait l’une ou l’autre imprudence", explique Frédéric Simar pour le club.

Ce dernier rappelle que le RYCSM est un club exclusif de bateau et de pratique d’activités sportives sur l’eau, et en aucun cas un club de jet ski. "Aucun jet ski n’est admis chez nous sans aucune exception. Notez également que nos installations, club, parking et pontons sont strictement privés et que nous demandons poliment aux non-membres de ne pas utiliser nos installations sans accord préalable, et au risque de nous répéter, aucun jet ski n’est admis sans aucune exception ! Nous déplorons également l’usage de notre parking et de nos pontons en dehors de nos jours d’ouvertures, mais malheureusement nous n’avons pas les moyens de contrôler cela", déplore-t-il.

Il rappelle l'esprit sportif et convivial qui anime le club, dans le respect de tous. "En ce qui concerne la pratique des diverses activités sportives sur la piste de vitesse, nous avons l’habitude entre membres du club de ségréger certaines activités non compatibles comme la traction de bouées et la pratique du ski nautique. Ces deux pratiques n’étant pas réalisables en même temps a cause des remous et vagues causées. Nous avons pour habitude de rester courtois et d’attendre notre tour pour pratiquer nos activités favorites, malheureusement bon nombre d’usagers de la Meuse n’ont que faire de cette courtoisie", expliquent encore ceux qui demandent la création d'un groupe de travail entre tous les clubs et autorités du bief.

Un problème que constate aussi le Contrat de Rivière Haute Meuse (CHRM). "Le problème est ce qu'il a été depuis toujours, la Meuse est un plan d'eau public et donc ouvert à tout le monde, aucune obligation d'être affilié à un quelconque club ou fédération. Les clubs savent gérer les éventuels excès de leurs membres, ils les informent correctement et prennent les précautions pour que tout se passe au mieux. Puis il y a les gens de passage (les pirates comme on disait il y a 30 ans), qui ne respectent rien, ni l'obligation d'immatriculation, ni la possession d'un permis, ni les dates et heures des pistes de vitesse et qui ternissent l'image d'un sport ou loisir pratiqué par une majorité dans le respect des règles", observe ainsi Claude Dammaerts, administrateur au CHRM.

L'arrivée massive des scooters de mers auraient accentué le problème même si tous les utilisateurs ne sont pas à mettre dans le même sac. Devant le non respect du sens de la circulation, l'absence de gilet de sauvetage ou encore les faits de baignade alors qu'elle est interdite tant à Wépion qu'à la plage d'Amée, la police de Namur s'est saisie du dossier. Elle est notamment passée en fin de semaine dernière afin de constater, vérifier et sensibiliser.