Tournai: Quand les économies font pire que mieux

Ecolo demande d’offrir à nouveau le service de médiation de dettes

Laurent Dupuis
Tournai: Quand les économies font pire que mieux

Le service de médiation de dettes a été supprimé au CPAS de Tournai. Et selon le groupe Ecolo, lors du conseil commun Ville-CPAS de ce lundi soir, les économies récupérées d’un côté se répercutent ailleurs.

Le nombre de dossiers traités par la justice a pourtant diminué. Il est passé de 323 en 2014 contre 242 en 2015 (chiffre arrêté au 1er décembre 2015). "Cela peut étonner, mais il nous a été confirmé que cette baisse est clairement liée à la fermeture du service de médiation de dettes qui aidait notamment les bénéficiaires à constituer le dossier administratif, ce qui est une procédure extrêmement lourde à réaliser" , indique Jean-François Letulle.

Cette observation reflète aussi deux autres réalités, estime le conseiller Ecolo du CPAS. "Contrairement à ce qu’on nous a dit, les assistants sociaux de première ligne du CPAS ne sont pas en mesure de reprendre qualitativement, par manque de temps, les problématiques financières qui relevaient du service de médiation. Ensuite, après plus d’un an de fermeture du service en question, l’accord avec l’ordre des avocats pour reprendre la médiation à l’amiable n’a pas encore vu le jour. Et franchement, je doute réellement de sa pertinence."

Pour Jean-François Letulle, la décision de ne plus rendre ce service aux citoyens était donc une erreur. "Cela a la couleur d’une économie, l’aspect d’une économie, mais ce n’est pas une économie. Cela représente un chiffre noir noté dans le budget de l’aide sociale mais cela se répercute bien dans ce budget. Et en supprimant ce service, on a supprimé un pilier de notre politique d’insertion. D’ailleurs, en aparté et a posteriori, vous êtes nombreux à me dire que, effectivement, la fermeture de ce service était une erreur."

Le groupe Ecolo de Tournai demande à la majorité PS-MR de poser un geste fort. "À l’heure des synergies, nous demandons officiellement à la Ville et au CPAS de réparer cette gageure en mutualisant nos forces pour offrir à nouveau un service de prévention de pointe luttant efficacement contre le fléau qu’est le surendettement" , conclut M. Letulle.


Forte hausse du nombre de RIS !

Plusieurs indicateurs de la pauvreté à Tournai sont dans le rouge vermeil

Le conseil communal de Tournai a été précédé par un conseil commun Ville-CPAS. Des marchés conjoints, symboles des synergies visant à faire des économies, ont été approuvés.

La politique sociale concertée entre le CPAS, la Ville et le Relais social urbain a également été présentée. Elle s’appuie notamment sur des indicateurs qui ne sont pas favorables à la région. Si le contexte de niveau de vie et des conditions de vie des Tournaisiens se situe dans la tendance générale wallonne, deux indicateurs sont plus inquiétants.

La part des moins de 18 ans vivant dans un ménage sans revenus de travail est de 14,6 % quand la moyenne wallonne est de 14 %.

Autre chiffre : la part des 18-64 bénéficiaires du Revenu d’intégration sociale (RIS). Elle est de 2,9 % à Tournai quand la moyenne wallonne est de 2,3 %.

La moyenne annuelle des bénéficiaires du RIS est même en forte hausse. Elle était de 1.004 en 2010 et de 1.312 en 2014. En 2015, les chiffres arrêtés au 16 novembre faisaient grimper la moyenne à 1.477.

Pour le groupe Ecolo, les synergies restent des mesures prises au compte-gouttes. " L’année dernière déjà, nous demandions la création d’une réelle centrale d’achat et la fusion de certains services comme la régie des travaux" , glisse Coralie Ladavid.

Le CDH n’est pas convaincu non plus par les synergies présentées. "Nous attendons encore la fameuse task force aussi" , lance Hélène Clément-Couplet.

"Nous avions dit que la task force serait mise sur pied quand le nouveau directeur financier du CPAS serait engagé. Ce qui a été fait tout récemment" , répond le bourgmestre Rudy Demotte (PS). "Pour le reste, nous ne voulons pas faire des économies à la petite semaine non plus. Il y a bien des synergies qui sont mises en place. Nous vivions par exemple, CPAS et Ville, dans deux mondes informatiques différents. Il fallait changer cela."

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