L'accès dans des bars tournaisiens refusé à un groupe d'amis: "Le problème était notre couleur de peau"

Pour le gérant du bar, il n’est pas question de racisme mais d’une “bonne gestion de son établissement la nuit”.

M.P.
L'accès dans des bars tournaisiens refusé à un groupe d'amis: "Le problème était notre couleur de peau"
©Delfosse

Loin d'être un fidèle sorteur, Thierno s'est pourtant rendu samedi dernier dans le centre de Tournai pour profiter d'une soirée entre amis. Arrivé sur la Grand-Place, le groupe, composé de personnes noires de peau dont certains fréquentent la Croix Rouge, a décidé de prendre un verre au Central. "A l'entrée, le vigile nous a refusé le passage en indiquant qu'il fallait s'adresser au gérant. Réponse incompréhensible puisque d'autres personnes entraient et sortaient comme dans un moulin", précise Thierno. Afin d'éviter une éventuelle altercation, le groupe d'amis a pris la décision de se rendre au niveau des Quais. "Nous voulions occuper une terrasse. De nouveau, un homme nous a dit qu'il était impossible de s'installer malgré des places non occupées. De ce fait, nous nous sommes dirigés vers l'intérieur où un vigile nous a interceptés en déclarant qu'un anniversaire était en train d'être célébré. Malgré notre volonté de comprendre cette attitude, nous sommes retournés sur nos pas d'autant plus que le vigile montait sur ses grands chevaux".

Pour Thierno et ses amis, ces deux refus d'accéder librement à des établissements publics représentent une réelle humiliation. "Même si nous n'avons pas reçu d'insultes concrètes, mais pour nous, il est clair que notre couleur de peau était le problème. Je ne vois pas d'autre raison. D'après moi, quelles que soient la couleur de peau, l'orientation sexuelle ou encore la catégorie sociale, l'exclusion ne devrait pas exister et doit être dénoncée". A la suite de ces faits, Thierno a tenu à déposer plainte et à adresser un courrier au bourgmestre Paul-Olivier Delannois.

"Ce groupe est arrivé sous l’influence de la drogue et de l’alcool"

Le gérant du café le Central a souhaité remettre les pendules à l'heure. "Cela n'avait rien à voir avec la couleur de peau. Je suis loin d'être raciste ayant moi-même des origines et en engageant du personnel aux origines multiples. Ce groupe est arrivé sous l'influence de la drogue et de l'alcool. Pour la sécurité des clients et pour éviter des différends, l'accès leur a été refusé. Gérer un établissement de l'Horeca en pleine nuit, à Tournai est loin d'être évident… croyez-moi".

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