Après un lâcher de pigeons chahuté à Narbonne, Jean-Philippe attend toujours le retour de ses protégés à Esplechin (vidéo)

Mardi, seuls dix des 21 pigeons de Jean-Philippe Delmarle ayant pris part vendredi à la course internationale au départ de Narbonne, avaient regagné leur pigeonnier à Esplechin. Un nombre d’oiseaux trop peu élevé et un délai anormalement long, consécutifs à un lâcher chahuté qui a suscité une vive colère chez les colombophiles.

Vincent Dubois

Même si vous n'êtes pas un passionné de colombophilie, vous avez sans doute entendu parler de ce lâcher organisé depuis Narbonne vendredi matin, dans le cadre d'une course internationale organisée par la société colombophile " L'Indépendante lié geoise ".

Cette dernière est traitée de tous les noms d’oiseaux sur la Toile pour avoir libéré les pigeons malgré qu’un orage et des vents contraires se pointaient sur la région. Ce qui eut pour résultat de désorienter les compétiteurs dès leur envol. Lundi, on estimait que 20 000 pigeons (dont 11 000 belges) sur les 26 000 au départ, étaient toujours perdus dans la nature. Un chiffre qui devait être plus proche de 15 000, ce mardi, semble-t-il.

Au compte-gouttes

Membre de l’Union colombophile de Tournai, Jean-Philippe Delmarle d’Esplechin avait enlogé pas moins de 21 pigeons pour cette course internationale à laquelle prenaient part, outre les Belges, des Français, des Néerlandais, des Anglais, des Allemands et des Luxembourgeois.

Si Jean-Philippe mettait en lice un nombre aussi important de pigeons, c’est tout simplement parce qu’il a pour habitude de limiter ses jours de participation aux concours afin de se ménager du temps en famille.

"Il suffit de visualiser la vidéo du lâcher à Narbonne, le vendredi à 7 h 20, pour se rendre compte que la météo était défavorable. On voit les nuages noirs sur les images et ils les ont lâchés quand même", déplore notre colombophile. "Un orage au départ, c'est une catastrophe car les oiseaux sont complètement désorientés. Cela arrive qu'ils en rencontrent un sur leur trajectoire, mais c'est moins problématique car ils sont déjà en quelque sorte réglés sur leur destination de retour…"

Comme de nombreux autres colombophiles ayant pris part au concours, Jean-Philippe ne cesse de scruter le ciel pour voir quand ses protégés regagneront leur pigeonnier.

Mardi, seule une dizaine était rentrée. Le premier à avoir été enregistré est arrivé le samedi, alors qu’il aurait en principe dû regagner Esplechin le soir du lâcher. Deux autres ont suivi le jour même, un seul est revenu le dimanche, trois le lundi et trois le mardi dont un lorsque nous quittions les lieux. Jean-Philippe croise les doigts pour que les autres reviennent sains et saufs dans les jours qui viennent, sachant que certains peuvent parfois mettre plusieurs jours avant de rentrer, en fonction des embûches rencontrées lors de leur périple.

Passionné dès l’enfance

Jean-Philippe avait à peine 5 ans - c’était il y a 55 ans - quand il est tombé sous le charme d’un pigeon qui se promenait dans son jardin.

"Quand mon grand-père est décédé, j'ai récupéré son poulailler et j'y ai mis des pigeons", nous a-t-il confié, "et vers l'âge de 8 ans, j'ai commencé les concours. Par passion, pas pour gagner de l'argent car cela me coûte plus que je ne peux en gagner lors des compétitions d'ailleurs."

Une dernière réalité qui se veut encore plus pesante depuis l’augmentation du prix des céréales, consécutive à la guerre en Ukraine. Aujourd’hui, Jean-Philippe possède environ 150 pigeons qu’il soigne aux petits oignons, sans mauvais jeu de mots.

D’ailleurs, aucun d’entre eux ne finira ici dans une casserole. Si Jean-Philippe garde généralement le nez en l’air quand il vous parle, ce n’est certainement pas pour vous snober mais, tout simplement, pour vérifier si l’un de ses protégés rentre au bercail.

Quel rapport avec les pigeons morts dans le parc Marvis?

Vendredi, en fin d'après-midi, lors d'une balade dans le parc Marvis (face aux Bastions), nous avons vu sur le sol une bonne dizaine de cadavres de pigeons. Quand nous avons appris l'incident de Narbonne, nous nous sommes évidemment posé la question de savoir s'il y avait un lien."Impossible, précise Jean-Philippe,les cadavres dont vous me montrez les photos sont des ramiers, soit des pigeons sauvages qui n'ont rien à voir avec des pigeons de concours, ils ne sont d'ailleurs pas bagués. Les causes de mortalité peuvent être multiples, les plus fréquentes étant liées à un empoisonnement ou à un virus comme celui de la grippe aviaire, par exemple. Le pigeon est très endurant mais par contre il est particulièrement sensible aux maladies…."

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