Prix de l'énergie: une facture en hausse de 24 000 euros pour Del Piazza à Rumes

Même s'il vit au jour le jour, Jonathan semble très pessimiste pour 2023.

M.P.
Prix de l'énergie: une facture en hausse de 24 000 euros pour Del Piazza à Rumes
©D.R.

Le coût de l'énergie ne cesse de grimper et met en péril de nombreux foyers et indépendants. À l'heure actuelle, le prix du MWh "day-ahead" d'électricité est de 330,18 euros, selon les données de l'ENTSOE (European association for the cooperation of transmission system operators for electricity). Il était de 85,67 euros/MWh au 1er janvier 2022.

Sur les réseaux sociaux, les commerçants commencent peu à peu à prendre la parole afin de faire part de leur situation. Jonathan Masure, le patron de la pizzeria Del Piazza à Rumes et à Kain s'y explique.

"Comment va-t-on faire pour survivre ? Je viens de recevoir un courrier de mon fournisseur d'électricité concernant le nouvel acompte à verser en prévision des hausses de l'énergie. Peut-on encore appeler cela une hausse ?", s'interroge le commerçant. "Ancien acompte : 510,51 €/mois. Nouvel acompte : 2566,03 €. Soit une augmentation annuelle de 24.000 euros. Ajoutez à cela le coût des matières premières qui ne cesse d'exploser, le coût du carburant, de la masse salariale surtaxé, et j'en passe. Je ne suis pas du genre à me plaindre ouvertement mais là, cela devient vraiment de trop".

Prix de l'énergie: une facture en hausse de 24 000 euros pour Del Piazza à Rumes
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Jonathan Masure se dit aujourd'hui frustré. "On se donne tous les jours pour notre commerce et voilà le résultat. Une grosse partie de nos bénéfices part dans les factures. Ce n'est pas tenable sur le long terme. Nous avons bien sûr pensé à diminuer nos effectifs. Toutefois, nous ne voulons pas pénaliser nos employés et nous passer d'éléments indispensables au fonctionnement de Del Piazza".

Ce Tournaisien a toujours prêté une extrême attention à sa consommation d'énergie mais pour certains appareils, il n'a pas le choix. "Nous avons mis du LED dans tout le restaurant. Cependant, cela ne semble pas changer grand-chose. Nous possédons des chambres froides et des frigos que nous ne pouvons pas éteindre systématiquement".

Les différents gouvernements du pays se sont retrouvés mercredi dernier pour un Comité de concertation consacré à la flambée des prix de l'énergie. Pour Jonathan Masure, il était nécessaire que des mesures plus fortes soient prises. "Sinon personne ne va tenir".

Même s'il vit au jour le jour, et ne compte pas mettre la clé sous la porte de sitôt, Jonathan semble très pessimiste pour 2023. "Cette situation ne concerne pas seulement les indépendants mais aussi l'ensemble des foyers. Plus personne ne pourra payer des prix pareils", conclut le jeune homme.

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