Elle se porte partie civile contre son fils au tribunal de Tournai... pour l'aider

Le jeune homme s’en était pris à sa maman alors qu’il sortait de chez le médecin. Ses problèmes de violence ne datent pas d’hier.

G. Dx.
Elle se porte partie civile contre son fils au tribunal de Tournai... pour l'aider
©EdA

C’est assez inhabituel. Une dame s’est constituée partie civile contre son fils adoptif. Une sorte d’appel à l’aide à la justice pour que son fils continue à être suivi. Simon (prénom d’emprunt) a 25 ans. Le 2 juin 2020, alors qu’il venait de sortir d’une visite chez un médecin avec sa maman à Tournai, il s’en était pris à elle, lui portant des coups et la menaçant. Il est en aveux.

"J’étais énervé. Je regrette. Ce n’est pas une solution aux problèmes que d’agir ainsi. Je continue ma thérapie. Je prends un produit. Je voudrais obtenir un diplôme en cuisine et ouvrir un jour mon restaurant."

Le prévenu a aussi indiqué qu'il avait consommé du cannabis et qu'il essayait de stopper. Le ministère public a évoqué une vidéo qui démontre la violence dont a fait preuve le jeune homme. Mais il n'a pas voulu charger la barque. " Je vois que Monsieur a un discours posé. Il a pris conscience et n'a aucun antécédent. Il a été décrit comme immature, impulsif et ayant des traits antisociaux. Une formation pour gérer son agressivité serait une solution. Je requiers une suspension probatoire. "

"Il se sent toujours agressé"

La maman a expliqué pourquoi elle se constituait partie civile, évoquant des relations parfois compliquées avec son fils. "Adolescent, il a été sujet à des problèmes de violence. Divorcée, je vis seule avec sa sœur et lui. Il a été mis en observation et on a décelé des soucis de schizophrénie. Après une année de soins, il a stoppé son traitement et les problèmes de violence sont réapparus. Il se sent toujours agressé et n'assume pas ses problèmes psychiatriques. Ses soucis sont aussi liés à une consommation de cannabis. "

La dame assure que son fils est parfois adorable mais que le jour des faits, en sortant de chez le médecin, le ton est monté dans la voiture. Il était question d'une mise sous tutelle et il n'a pas supporté cette idée. "Il m'a donné un coup avec son portefeuille et j'ai saigné. Mon médecin m'a dit que je n'avais rien de grave mais m'a conseillé de porter plainte afin que mon fils soit pris en charge. Je fais appel à la justice."

Internement ?

Toujours sous contrôle de la justice de paix, Simon a déjà fait des séjours dans des structures psychiatriques. Doit-il être interné ? Même le ministère public ne le pense pas. Son avocat pensait d’abord plaider l’abolition du discernement de son client au moment des faits avant de se raviser et de solliciter une suspension ou une suspension probatoire. Ce qui semble faire l’unanimité dans ce dossier, c’est le contrôle médical dont le prévenu doit continuer à faire l’objet. Le jugement sera prononcé le 13 octobre.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be