La Naïade complètement indéboulonnable ce lundi à Tournai (vidéo)

La Naïade devait quitter ce lundi son emplacement au pont à Ponts pour subir un lifting dans un atelier spécialisé. Mais la statue, devenue figure emblématique des confréries carnavalesques tournaisiennes, a fait de la résistance : impossible de la détacher de son socle.

Christophe Desablens
La Naïade complètement indéboulonnable ce lundi à Tournai (vidéo)

La statue "La Naïade" n’était pas seule, ce lundi matin, pour son départ en camion vers l’atelier de la société Pyrallis (Braine-Le-Comte) chargée de la restauration à l’identique de ses bronzes. À ses côtés, on apercevait des membres de l’ASBL Carnaval et des Diables, la confrérie carnavalesque qui chaque année déguise la statue et lui rend hommage. Il y avait des représentants du SPW, propriétaire du pont à Ponts, qui financera le lifting de la statue. Jacky Legge, conservateur du musée de Folklore et des Imaginaires de Tournai, était là aussi pour rappeler l’histoire mouvementée de la statue.

Et pourtant, celle-ci a fait ce lundi matin une drôle de blague à tout ce petit monde en refusant obstinément de quitter son socle où elle se trouve depuis 1983.

Deux options envisagées

La statue de bronze réalisée en 1950 par le sculpteur tournaisien Georges Grard (1901-1984) devait être restaurée au lendemain du carnaval dans le cadre du chantier de modernisation de la traversée de Tournai grâce auquel un financement a pu être envisagé.

En principe, il suffisait de dégager une pierre du socle pour soulever la statue à l’aide d’une grue et de la déposer sur le plateau d’un camion. Mais après deux heures, il a fallu se rendre à l’évidence : l’opération ne pourrait pas avoir lieu ce lundi sans risquer d’abîmer la statue. Jacky Legge, qui avait assisté en 1983 à son installation sur le pont à Ponts, a le souvenir que ça n’avait duré qu’une heure environ. Mais la statue est beaucoup mieux scellée qu’on ne le pensait. Notamment par le biais d’une barre métallique fixée à l’intérieur du socle, sans aucun boulonnage apparent.

Il devrait être possible de désolidariser l’ensemble en disquant ou en découpant certaines parties au chalumeau. Mais Philippe Janssens, le fondeur d’art présent ce lundi pour accompagner l’opération, et un responsable du chantier du SPW, ont décidé de laisser la statue sur place, le temps de la réflexion.

Deux options se présentent. Soit dégager le socle de la statue, et restaurer celle-ci comme prévu en atelier ; soit installer un échafaudage et restaurer la Naïade là où elle se trouve actuellement.

Le SPW prendra une décision après avoir évalué les deux solutions et leurs conséquences techniques, financières, de timing, etc.

En attendant, ne vous étonnez pas si vous voyez la Naïade toujours bien en place sur son socle. Septante ans après une vive polémique qui avait envoyé la femme nue sous le pont de la rive droite, quarante ans après s’être imposée à la vue de tous sur le pont, la Naïade fait une fois encore de la résistance.

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