Le cri d’alerte de la pâtisserie Delhaye: "La facture d’énergie coûte 2 à 3 salaires!"

La crise a eu raison de Delhaye : la pâtisserie a restreint ses horaires d’ouverture à trois jours seulement.

Aline Leroy
Le cri d’alerte de la pâtisserie Delhaye: "La facture d’énergie coûte 2 à 3 salaires!"

À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Cela fait plus de deux ans que les problèmes tombent comme des dominos sur la pâtisserie Delhaye, située rue Royale à Tournai. Après la pandémie, les travaux de la rue Royale et l’augmentation des prix des matières premières, la crise énergétique apparaît comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Pour rester à flot, les gérants ont pris la décision difficile de limiter drastiquement leurs jours d’ouverture. Depuis le 21 septembre, la boutique n’ouvre que du vendredi au dimanche.

Une question de survie

" On a dû réagir rapidement, regrette Barbara Delhaye, on ne pouvait pas attendre la fin de l'année, alors que personne ne nous propose des aides concrètes. Beaucoup n'osent pas sauter le pas et se retrouvent le couteau sous la gorge à la fin du mois. "

Leur objectif est clair : tourner à bas régime pour tenter de maintenir une comptabilité saine. Pour Barbara Delhaye, il est hors de question de reporter ses cotisations ou de régler ses factures en retard. " Nos clients paient comptant. C'est pareil pour nous, déclare-t-elle, on travaille avec des petits artisans locaux et ils ont besoin de vivre aussi. "

Barbara Delhaye et son mari entendent bien garder leurs six salariés, qu'ils considèrent presque comme leur famille. "Ils seront protégés car ils vont avoir le chômage économique spécial crise énergétique", souligne-t-elle. Ce chômage correspond à 70 % du salaire brut.

La patronne ne se voile pas la face : "Ce n'est pas la solution. Avec les fêtes qui approchent, on aimerait voir notre personnel travailler à temps plein." Un temps plein qui, dans l'état actuel des choses, est impensable. "La facture d'énergie coûte deux à trois salaires !"

Un cas pas si isolé

Suite à l'annonce de la fermeture partielle ainsi qu'à son passage dans l'émission QR, le débat sur La Une, Barbara Delhaye a reçu des dizaines de messages de soutien.

"Beaucoup se sont reconnus dans mes propos", confie-t-elle, "et il n'y a pas un seul de nos clients qui ne nous ait pas montré son soutien. Certains culpabilisent d'avoir été plus absents à cause des travaux."

Barbara Delhaye espère que cette situation ne s'éternisera pas. "J'ai l'impression qu'on me retire tout ce que mon mari et moi avons construit ces vingt dernières années", déplore-t-elle.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be