Abus de faiblesse ou réelle amitié à Antoing?

Une dame est accusée d’abus de faiblesse, parce qu’elle s’est occupée d’un homme qui lui a donné de l’argent contre ses services.

EdA
Abus de faiblesse ou réelle amitié à Antoing?
©EdA

Une dame d'une cinquantaine d'années est poursuivie pour des faits d'abus de faiblesse, qui concernent la période du 1er janvier 2014 au 9 avril 2015. La prévenue, qui se dit "dépassée par ce dont on l'accuse", explique avoir rencontré la partie civile, un homme de 75 ans, alors qu'ils subissaient des soins chez le même kiné. "On s'est immédiatement liés d'amitié", explique la prévenue. "On a beaucoup échangé ; on s'est livrés et un fort lien est né entre nous. Il était comme mon grand-père et moi comme sa petite-fille."

Contrairement à ce que certains affirment, la prévenue jure n'avoir jamais entretenu de relation amoureuse avec cet homme. " Son épouse était encore en vie au moment de notre rencontre. Elle était très malade, donc je me suis occupée d'elle. Nous avions aussi un lien très fort. "

La prévenue s'est immiscée davantage dans la vie de la partie civile, sur les conseils du kiné, qui partait en vacances. "Elle est devenue l'aide familiale du couple", indique l'avocat de la partie civile. " Elle percevait 1 000 €/ mois pour s'occuper du couple : elle faisait les courses et prodiguait quelques soins. Elle gérait aussi l'aspect administratif de la maison et s'est notamment occupée des papiers lorsque l'épouse de mon client est entrée en maison de repos. "

D'importantes transactions financières ont été réalisées entre les deux parties durant cette période : une donation de 50 000 €, puis 13 000 € pour l'achat d'un véhicule, une autre donation de 10 000 €… En tout, près de 200 000 € ont quitté le compte en banque du couple, au profit de la prévenue, qui est par ailleurs devenue bénéficiaire de l'assurance vie de la partie civile. "J'ignorais certaines transactions", se justifie la prévenue. "J'ai d'ailleurs plusieurs fois insisté sur le fait qu'il avait des enfants, mais il m'a à chaque fois répondu qu'il ne voulait plus entendre parler d'eux." La prévenue a, selon elle, remboursé certaines sommes d'argent à la partie civile, mais en main propre.

L'avocat de la partie civile explique que c'est au décès de l'épouse que les langues se sont déliées. " Après le décès de Madame en 2015, il restait 64 000 € au couple dans la succession. Il manquait au moins 200 000 €. C'est là que les langues se sont déliées et que mon client a confié qu'il avait été manipulé par la prévenue. Elle a détourné la presque totalité du patrimoine du couple. Il s'est fait pigeonner et son épouse gruger. " La partie civile réclame le remboursement des 200 000 €, mais aussi des nombreux cadeaux faits par la partie civile.

"Pas d’abus de faiblesse"

"On reproche à la prévenue d'avoir perçu des sommes d'argent en jouant sur la faiblesse du couple", affirme le ministère public. " Or, la partie civile dit, dans l'une de ses déclarations qu'il a été "naïf". Il regrette d'avoir donné trop d'argent. Selon moi, dans ce dossier, rien ne permet de démontrer que Madame a abusé de lui et de ses sentiments pour avoir de l'argent. Aucun élément ne permet d'établir cette prévention. " Le substitut du procureur du Roi a requis l'acquittement de la prévenue.

L'avocat de la défense s'est aligné au réquisitoire du parquet et a également sollicité l'acquittement de sa cliente. "Si l'on devait condamner toutes les personnes qui viennent en aide aux personnes âgées, alors il y aurait beaucoup de monde au tribunal", a-t-il conclu. Le jugement sera prononcé le 20 octobre.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be