À l’hôtel de ville de Tournai, on apprend le “patois d’ichi” (vidéo)

Sur les portes et dans les couloirs de l’hôtel de ville de Tournai, se lisent de délicieuses expressions en patois tournaisien.

Christophe Desablens
 Sur la porte de la salle des Mariages, voici la traduction: «Si la racine est profonde, il ne faut pas craindre le vent».
Sur la porte de la salle des Mariages, voici la traduction: «Si la racine est profonde, il ne faut pas craindre le vent». ©ÉdA

Bonjour à tèrtous ! Depuis quelques jours, c’est par ces mots écrits en blanc sur fond rouge que les visiteurs de l’hôtel de ville de Tournai sont accueillis à leur entrée dans le hall d’accueil. Et puis à droite, vous avez le “Bureau du Bourguémète”. À côté de l’escalier, vous trouvez “El commodité” (les toilettes). Et vers la gauche, au fond du couloir, vous êtes accueillis de la sorte sur la porte de la salle des mariages : “Si l’rachène i-ést parfeontes, i n’féaut pos crainte l’vint” (Si la racine est profonde, il ne faut pas craindre le vent).

Une bonne dizaine de lieux de l’hôtel de ville ont désormais une signalétique en picard. Ouvrez donc l’œil quand vous passez les portes, et n’hésitez pas à aller chercher à l’accueil un feuillet d’explication qui donne la signification des phrases.

Labellisée “Ma commune dit oui aux langues régionales” par la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis mai 2021 (comme les communes de Brunehaut et d’Ellezelles, la ville s’est engagée à mettre en œuvre des actions pour promouvoir le picard sur son territoire. Parmi celles-ci figure justement l’installation d’une signalétique en picard au sein de l’hôtel de ville qui invite le public à nouer ou à renouer des liens avec sa langue régionale. Le parler tournaisien, appelé familièrement “patois”, est désormais reconnu comme “langue régionale endogène” en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les phrases sont tantôt de simples traductions, tantôt des maximes populaires choisies pour leur aspect poétique, philosophique voire humoristique…

Si vous prenez l’ascenseur, vous lirez ceci : “On cait pus vite in bas d’l’étchelle in cueillant dés ç’risses qu’in sarquélant lés fraisses” (On tombe plus vite de l’échelle en cueillant des cerises qu’en sarclant des fraises).

Et à l’étage, vous verrez ceci face à la salle du conseil communal : “Ichi on lés busie leonque” (ici on prend le temps de réfléchir).

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