Les nids-de-poule pullulent sur l’A8: 6 km de calvaire pour les usagers entre Frasnes et Tournai

La portion d’autoroute entre Frasnes et Tournai s’apparente, chaque hiver, à un champ de mines. Son état déplorable mérite mieux que des réparations de fortune.

Pierre-Laurent Cuvelier
 Peu après la montée d’autoroute, à Hacquegnies, le (long) calvaire débute pour les conducteurs
Peu après la montée d’autoroute, à Hacquegnies, le (long) calvaire débute pour les conducteurs ©ÉdA – 60417581654 

L’autoroute A8 n’est pas très vieille (NDLR: le dernier tronçon a été ouvert à la circulation en avril 2000) mais présente, par endroits, un état de détérioration inquiétant. À ce titre, l’axe Frasnes-Tournai continue d’être maudit par les automobilistes qui n’ont d’autre choix que de slalomer entre les ornières.

Les réparations sommaires financées par la SOFICO, maître d’ouvrage, ne tiennent pas bien longtemps, si bien que chaque hiver, c’est la même rengaine.

Les nids-de-poule se reforment sur cette partie d’autoroute qui supporte un trafic particulièrement important (environ 20 000 véhicules par jour). Gare aux secousses.

Il y a quelques semaines, un panneau de limitation à 90 km/h a été posé sur la bande d’arrêt d’urgence, juste après la montée d’autoroute d’Hacquegnies. Un peu plus loin, une nouvelle signalétique alerte les usagers de la dégradation de la chaussée sur une distance de 6 km.

Un vrai gruyère, qui n’est pas sans danger

Pas plus tard que ce lundi, la sortie Hacquegnies a dû être fermée en urgence le temps d’y reboucher un énorme trou. Assez curieusement, le sens de circulation Tournai-Frasnes, soumis à un trafic tout aussi dense, s’apparente davantage à un billard qu’à un gruyère, comme c’est le cas de l’autre côté de la berme centrale.

Les mines qui jalonnent les deux bandes de l’A8, vers Tournai, ne sont pas sans danger pour les usagers. La profondeur de certains trous a déjà causé plusieurs crevaisons et pour éviter d’éventuels dommages à leur véhicule, beaucoup d’automobilistes s’écartent de leur trajectoire. Le risque de sortie de route ou d’accident est bien réel.

Loin de nous l’idée de jeter la pierre aux ouvriers, mandatés par la SOFICO, qui font ce qu’ils peuvent afin de colmater les trous. Les conducteurs sont toutefois en droit de se demander pourquoi des travaux d’envergure, qui auraient certes de lourds impacts sur la mobilité, ne sont pas menés pour aboutir à un nouveau revêtement ?

« Pas de budget pour une réhabilitation conséquente »

"Cette zone sensible est fort surveillée puisque l’on intervient régulièrement. Des panneaux d’avertissement ont été installés pour des raisons de sécurité en attendant les réparations programmées prochainement. On ne peut que proposer cette solution faute de budget (plan Infrastructures et Mobilité pour tous 2020-2026) pour une réhabilitation conséquente de cet axe. Les besoins sont priorisés (NDLR: la E42, voisine de l’A8, a récemment subi une cure de jouvence entre Vaulx et Kain) sur le réseau routier structurant, qui s’étend en Wallonie sur pas moins de 2 700 km ", souligne Héloïse Winandy, porte-parole de la SOFICO.

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