L’aéroport de Lille ambitionne d’accueillir 3 millions de passagers, mais les Français ont oublié les nuisances que cela cause aussi en Belgique.

Ludivine Dedonder a interrogé le ministre de la Mobilité concernant l’extension de l’aéroport de Lille-Lesquin et les études d’incidence environnementale et de nuisances sonores qui devraient être réalisées sur le territoire belge et non uniquement sur le versant français.

Il est vrai que le Tournaisis fait régulièrement l’objet de survols à basse altitude.

Et c’est un constat que font au quotidien les Tournaisiens, surtout lorsque les vents soufflent dans une direction précise.

Les avions survolent parfois tellement bas que l’on peut apercevoir les hublots.

"On peut craindre pour la quiétude des habitants de notre région lorsque l’aéroport comptera un million de passagers supplémentaire. Ni le ministre ni son administration n’avaient été informé de ce projet d’extension", explique la députée PS tournaisienne.

L’aéroport de Lille-Lesquin a dépassé les 2 millions de passagers en 2018 et ambitionne d’atteindre rapidement les 3 millions.

"La France a réalisé des études d’incidences environnementales et de bruit. Cependant, leurs périmètres d’étude s’arrêtent à la frontière française alors que des villes belges voisines comme Tournai subiront également des nuisances sonores suite à cette extension. Des études d’incidences environnementales et de bruit ont-elles été également réalisées en Belgique après l’annonce de ce projet ? Des discussions sont-elles en cours avec la France afin de dégager des pistes d’action pour éviter que les trajets de décollage et d’atterrissage survolent systématiquement les mêmes villes ?", a demandé Ludivine Dedonder au ministre François Bellot (MR).

François Bellot a constaté qu’aucune autorité ou organisme français n’avait informé les autorités belges de ce projet.

Aussi, il a demandé à l’administration de l’aéronautique belge, la DGTA, de s’en inquiéter auprès de son homologue français.

"Pour ma part, j’ai contacté la ministre française chargée des Transports pour l’interroger sur la question. J’ai exigé que des études d’incidence environnementale et de nuisances sonores soient effectuées sur les zones du territoire belge survolées par les vols en provenance et à l’arrivée de l’aéroport de Lille-Lesquin. Nous attendons l’organisation de ces études et leurs conclusions avant de pouvoir discuter des résultats et de voir quelles seront les actions à venir. Je pense qu’une directive européenne indique que les études de ce type ne doivent pas s’arrêter aux frontières administratives des États", a rétorqué le ministre de la Mobilité.

Y.B