Tournai-Ath-Mouscron Jusqu’au 25 août, la Maison des randonneurs accueille une exposition consacrée au festival d’Amougies de 1969.

Le 24 août prochain, le village d’Amougies fêtera les 50 ans de son mythique festival. En prélude à cet évènement, une très belle exposition est à découvrir jusqu’au 25 août à la Maison des randonneurs de Mont-de-l’Enclus.

Mise sur pied par le Cercle d’histoire locale, elle évoque le Woodstock belge de 1969 au travers de nombreux documents d’époque, parmi lesquels de superbes photos argentiques immortalisant des artistes internationaux à l’affiche de ce festival ayant fait connaître Amougies aux quatre coins du globe.

Parmi eux , citons Pink Floyd, Frank Zappa, Yes et beaucoup d’autres groupes devenus cultes ! D’autres clichés montrent les coulisses du festival, illustrant l’ambiance baba cool de l’époque.

Sur les murs, on peut encore admirer l’affiche originale du festival de 1969 mais également des coupures de presse ainsi que des pochettes de 33-tours, dont une très célèbre du groupe Pink Floyd sur laquelle apparaît une vache prise en photo dans les prairies entourant le chapiteau du festival.

La projection d’un documentaire d’une vingtaine de minutes complète la visite.

" Au plus le temps passe, au plus je me rends compte que cet évènement fut quelque chose d’extraordinaire pour Amougies. Imaginez un petit village de 800 habitants qui, du jour au lendemain, voit déferler 80 000 personnes ", commente le bourgmestre de Mont-de-l’Enclus

Âgé de 5 ans à l’époque, Jean-Marie Bourdeaud’huy a eu la chance de goûter à cette ambiance indescriptible. " Mon père travaillait à Bruxelles et, tous les soirs, il s’arrangeait pour rentrer en train le plus tôt possible à la maison afin d’emmener sa petite famille écouter la musique jusqu’à 1 heure du matin ."

Suite aux émeutes de mai 68, il faut savoir que des villes comme Paris, Lille, Bruxelles et Tournai avaient refusé d’accueillir ce rendez-vous musical susceptible de générer des violences et d’encourager la consommation de stups.

" Le magazine Paris Match avait envoyé sur place vingt-cinq reporters en pensant que le festival allait dégénérer en bagarre. Finalement, il n’y eut aucun incident, à part que nos amis hippies étaient saouls et shootés du matin au soir ", poursuit le bourgmestre.

En ces temps peace and love, le gamin qu’il était encore se souvient avoir vu des spectateurs dormir ou faire l’amour dans les fossés. " Les festivaliers sonnaient aux portes des habitations pour obtenir un seau d’eau afin de se laver. Ce festival a aussi fait le bonheur et le beurre des commerçants du village. "