À force de ne plus voir les métiers forains s’installer sur l’esplanade de l’Europe pour la traditionnelle foire de mai, l’on craignait ne plus les revoir du tout à cette période. En effet, que ce soit en 2020 ou en 2021, la foire de mai avait été sacrifiée sur l’autel des mesures sanitaires. Ces deux années-là, la foire de septembre avait quant à elle, à chaque fois, bénéficié d’un contexte sanitaire plus favorable mais imposant néanmoins certaines obligations. 

Ainsi, en septembre 2020, par exemple, la Ville de Tournai était l’une des rares - si pas la seule - en Wallonie, à autoriser l’organisation d’une foire, mais avec la nécessité de ceindre le site de barrières Heras, de limiter le nombre d’entrées et de faire en sorte que les entrants ne croisent pas les sortants.

En septembre 2021, la foire a également pu se tenir avec des mesures allégées, mais le port du masque restait obligatoire de même que le respect de la distanciation. Au grand dam des forains et du public, l’organisation de la foire de mai durant ces deux années avait dû être abandonnée en raison de la dégradation de la situation sanitaire au cours des semaines ou des jours qui précédaient.

On l’imagine aisément, l’annonce de la reprise de la foire de mai sur l’esplanade de l’Europe est une nouvelle accueillie avec grande joie par le monde forain. "Ce qui nous réjouit, c’est de retrouver enfin une foire normale, explique Anthony Mastrovalerio, président wallon de l’union des industriels forains belges et président du comité de promotion de la foire de Tournai. On comptera 61 métiers sur l’Esplanade qui accueilleront le public du vendredi 20 au dimanche 29 mai inclus, avec une inauguration traditionnelle aux rythmes du groupe Ch’ti Ganza, le vendredi 20, un feu d’artifice le soir du samedi 21, vers 22 h, et des animations pour les enfants le mercredi…"

Bref, tous les ingrédients qui font en sorte que la foire de mai soit une belle réussite.  "On retrouvera notamment le bateau-pirate que l’on avait pu découvrir en septembre ainsi que le Techno-power, une espèce d’araignée dansante géante…", précise encore le dynamique président. Ce dernier souligne également le geste posé par la Ville de Tournai qui vient de renouveler les conventions d’occupation de la plaine pour une période de 5 ans et qui, surtout, n’a pas augmenté d’un centime le montant réclamé pour cette utilisation du domaine public. "C’est un geste appréciable, poursuit Anthony, car il a fallu faire face à la crise du Covid et aujourd’hui aux différentes hausses de prix induites par la guerre en Ukraine…"

Le président admet toutefois que les aides, tant fédérales que régionales, octroyées durant la première crise ont été de précieux coups de pouce pour garder la tête hors de l’eau.

Mais cela ne remplacera jamais les sourires affichés par les enfants lors d’un "tour de manège", ou encore l’odeur des croustillons et les cris des ados lorsque la chenille entame sa descente vertigineuse…