Tournai-Ath-Mouscron De moins en moins de marchands glaces sillonnent nos rues

Le beau temps arrive, les journées s’allongent et les glaciers commencent à être de sortie. Jusqu’au mois d’octobre, les commerçants ambulants vont sillonner les villes et les villages pour le bonheur des petits et des grands.

Même si le métier persiste, force est de constater qu’on entend moins souvent la musique des marchands de glaces dans les rues. "C’est un métier où tu travailles exclusivement en été et ce n’est pas toujours l’idéal surtout quand tu as une vie de famille", rapporte Cesare Di Prata, 56 ans, pour expliquer la chute de cette activité.

Aujourd’hui , patron du restaurant Le Zorba à Ath, cet ancien marchand de glaces se souvient d’avoir vendu les boules de glaces à 20 centimes dans les années 80. "Avant, tout le monde pouvait se permettre d’acheter des glaces tous les jours, avec 2,50€ une famille entière était servie. Avec les prix que l’on doit appliquer aujourd’hui ce n’est plus possible".

De plus, à l’époque le choix des crèmes glacées était limité. "Avant les glaciers ambulants avaient l’exclusivité au niveau du choix des parfums et des glaces confectionnées. Les supermarchés en vendaient, mais c’était très limité. Aujourd’hui, tu peux même acheter une glace en allant chercher de l’essence".

Si Cesare a préféré se tourner vers une autre activité, ce n’est pas le cas de Michel Moine. Cet Athois de 53 ans parcourt sa ville à bord de sa camionnette Les glaces royales depuis les années 90. Pour éviter toute concurrence avec les grandes surfaces, celui-ci ne vend que des glaces artisanales. "En plus des goûts classiques, je vends des parfums un peu spéciaux comme nougat, fleur de lait ou encore cuberdon".

Passionné par ce métier depuis toujours, Michel a vu le métier se décliner ses dernières années. "Il y a une période où nous étions 5 marchands à couvrir la ville d’Ath, aujourd’hui nous ne sommes plus que 2.

Il peut comprendre que ce soit un métier contraignant, mais c’est également une activité qui comporte de nombreux avantages. "Quand tu travailles seul et à ton compte, tu es libre", explique le glacier.

C’est également un métier de contact qui noue des relations. "Il y a des liens qui se créent entre le marchand de glaces et les clients. On fait partie de leur routine, on discute avec eux. On voit même des adultes venir chercher leurs glaces avec leurs enfants alors qu’on les a connus eux-mêmes enfants".

Michel reste optimiste quant à l’avenir de ce métier, même si on peut se procurer des glaces partout et tous les jours, la mentalité des gens envers les marchands de glaces n’a pas changé, selon lui, il pourrait même y avoir de l’avenir.