Tournai-Ath-Mouscron Le commerçant d’Ath déplore les amalgames qui sont faits entre musulmans et terroristes.

Mourad Gharafi est gérant du salon de coiffure se situant à quelques mètres de la Grand-Place d’Ath, le long de la rue aux Gâdes. Mardi soir, son établissement "Coiffure Venezia" a été la cible de voyous racistes. La vitrine a été bardée d’un grand tag rouge : "Daech connard !"

L’acte de malveillance a eu lieu en fin de journée. "J’ai fermé mon commerce mardi vers 20h", explique Mourad Gharafi, la mine triste. "J’étais chez moi vers 21h quand j’ai découvert sur Facebook un message d’un de mes clients qui m’expliquait que ces tags se trouvaient sur ma devanture. Je suis immédiatement revenu sur Ath."

Après avoir fait des photos, l’homme a nettoyé sa façade. "Je ne comprends pas pourquoi ces gens ont écrit ces mots. S’il vous plaît, ne faites pas d’amalgames. Tout cela, ce sont des conneries. Les gens doivent faire la différence entre la religion et le terrorisme."

Mourad Gharafi ne s’attendait pas à découvrir de tels tags dans une petite ville comme Ath. "C’est triste d’en arriver là. Mon commerce avait déjà été cambriolé à trois reprises mais jamais on m’avait insulté de la sorte…"

L’homme ne s’est cependant pas laissé abattre et a repris le travail, comme si de rien était, dès mercredi matin.

Après les attentats, les musulmans sont régulièrement attaqués, comme s’ils étaient responsables des actes commis par l’État islamique. En France, après l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier dernier, le collectif contre l’islamophobie (CCIF) dénonçait une augmentation de 70% des actes perpétrés à l’encontre des musulmans.

À la zone de police d’Ath, on a en tout cas pris l’affaire au sérieux. "Nous avons ouvert un dossier et nous allons le traiter avec une grande importance", souligne le commissaire divisionnaire Frédéric Pettiaux. "Le racisme, c’est punissable par la loi."