Horeca à Leuze: des sanctions excessives après l’agression sauvage d’étudiants au hall sportif ?

Les mesures de fermeture anticipée de deux débits de boissons prises par le bourgmestre sont loin de faire l’unanimité à Leuze. Même au sein de la majorité.

Pierre-Laurent Cuvelier
Horeca à Leuze: des sanctions excessives après l’agression sauvage d’étudiants au hall sportif ?
©EdA

L’agression d’une rare violence dont ont été victimes des étudiants du Centre éducatif Saint-Pierre, le lundi 20 juin en fin de soirée sur la terrasse de l’Aréna café, a suscité l’émoi au sein de la population.

Ces faits intolérables ont, pour rappel, amené le maïeur Lucien Rawart (MR) à prendre des dispositions visant à restreindre les heures d'ouverture de la buvette de la LeuzArena et du café La Loco (NdlR : les deux établissements sont exploités par la même personne).

"On pénalise les jeunes et pas les auteurs"

Les mesures sont loin de faire l’unanimité, au point d’être sérieusement remises en question par certains élus du conseil communal. Pour Baptiste Leroy (opposition Ecolo), le bourgmestre s’est clairement trompé de cible.

"Les décisions prises ne touchent pas les auteurs mais les victimes. Ces jeunes qui faisaient la fête de façon légitime et dans le calme après leurs examens se retrouvent aujourd'hui sous le coup d'une fermeture anticipée à cause de quatre connards (sic). Avancer l'heure de fermeture de l'Aréna café à minuit au lieu de 1 h, comme cela a été décidé, n'aurait rien changé vu que l'incident s'est produit à 22 h. Un renforcement de la présence policière serait bien plus efficace", soutient le chef de file des verts, qui espère que justice sera rendue. "Aucune clémence ne peut être attribuée aux agresseurs qui doivent être punis à la hauteur de la gravité de leurs actes."

Des interventions régulières de la police

Le premier magistrat leuzois a justifié ces restrictions d'horaires par des interventions répétées de la police après des débordements. "Ce n'est pas la première fois que des échauffourées se produisent sur le site de la LeuzArena. La décision est intervenue après concertation avec la zone de police, qui préconisait d'aller plus loin en interdisant la vente d'alcool à la buvette et en fermant la terrasse. Je ne crois pas que cela pénalise énormément les étudiants. Ce n'est pas un café mais un lieu dédié aux clubs sportifs", affirme-t-il.

En ce qui concerne le café La Loco, situé au coin de la rue Émile Vandervelde (face à la gare), M. Rawart dresse un constat plus cinglant du nombre de troubles à l'ordre public. "Il y a trop de bagarres. Compte tenu de la succession d'interventions de la police, il fallait faire quelque chose. Cet établissement perturbe le voisinage. Les riverains retrouvent parfois leur voiture avec des griffes ou des rétroviseurs démolis. Il y a quelques jours, c'est la vitrine d'un commerçant qui a été cassée par des clients de La Loco. J'ai donc prévenu son gérant qu'il serait pénalisé, en étant contraint de fermer son café à 1 h au lieu de 3 h du matin."

Même au sein de la majorité et du collège, des élus du groupe Idées se sont désolidarisés de la position du bourgmestre.

"Ne pas infliger de condamnation globale"

"Les propos relatés dans la presse ont été très violents à l'encontre du tenancier alors que la plupart du temps, les choses se passent bien à l'Aréna café. Cet indépendant s'y investit beaucoup et fait le maximum pour gérer au mieux la cafétéria. Il aurait été judicieux de dissocier les deux débits de boissons en évitant d'infliger une condamnation globale", assure Nicolas Dumont le président de la Régie communale, gestionnaire du centre sportif LeuzArena.

Motards: "C’est impensable ce qu’il se passe à l’avenue de Loudun"

La conseillère Annick Bruneel (Idées) s'étonne de " l'excès de zèle de la police " au sujet des restrictions frappant l'Aréna café alors qu'à l'avenue de Loudun, les riverains subissent énormément de nuisances. "Et là, la police n'agit pas , s'offusque-t-elle. La gêne occasionnée, notamment le tapage nocturne, est importante."

Lucien Rawart dément l'information selon laquelle les services de police n'interviennent pas dans ce quartier du centre-ville, où un club de motards est implanté. "C'est vrai qu'il y a eu des problèmes de bruit causés par des motards qui faisaient vrombir leurs engins mais ce n'est pas récurrent."

"Je vous invite à venir sur place tous les lundis, en soirée, lorsque ces gens se réunissent. C'est impensable ce qu'il s'y passe", indique Mme Bruneel. Le bourgmestre a pris bonne note, en promettant de faire remonter l'information à la police.

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