Des étudiants passés à tabac à la LeuzArena : leurs agresseurs ont comparu devant le tribunal

Un groupe d’adolescents a été roué de coups en juin dernier sur la terrasse de la LeuzArena. Le procès de leurs agresseurs a eu lieu ce mardi. Ils risquent de lourdes peines.

Caroline Poulain
 L’agression s’est déroulée sur la terrasse de l’Arena café, le soir du lundi 20 juin 2022.
L’agression s’est déroulée sur la terrasse de l’Arena café, le soir du lundi 20 juin 2022. ©EdA - 6038963062 

Le 20 juin 2022, quatorze élèves de dernière année du Centre éducatif Saint-Pierre de Leuze, qui fêtaient la fin de leurs examens, ont vécu l’enfer. Ils ont été roués de coups par quatre individus complètement ivres. Les faits se sont déroulés sur la terrasse de la cafétéria du hall sportif LeuzArena.

Ce mardi, les quatre jeunes hommes, âgés entre 21 et 31ans, qui ont “joué” de leurs poings face à ces adolescents, ont dû répondre de leurs actes devant le tribunal correctionnel de Tournai.

Dans un premier temps, aucun d’eux n’a avoué pleinement ce qu’on leur reprochait.

Je n’ai frappé personne”, a assuré le plus âgé. “Je ne sais pas avec combien de jeunes je me suis bagarré, je dirais un seul”, a indiqué un autre. “J’ai essayé d’écarter les garçons qui ont tenté de frapper mon ami”, s’est justifié le troisième qui est actuellement sous surveillance électronique ; et enfin le dernier, toujours détenu, a dit ne se souvenir de rien. “J’ai su ce que j’avais fait en voyant les vidéos”. Celui-ci serait à l’origine de la dégradation de la situation. Il a été relaté à l’audience que l’individu avait chahuté les adolescents en leur ôtant leurs casquettes à plusieurs reprises. Lorsque l’un des jeunes s’est rebellé, le prévenu l’a mal pris et a asséné le premier coup. Une scène d’une “violence extrême” s’en est suivie, comme le décrivent la procureure du roi ainsi que les parties civiles.

Des élèves utilisés comme punching-ball : un massacre

Seul l’homme de 31ans conteste fermement avoir participé à la bagarre, bien que tous les témoignages indiquent qu’il y avait bien quatre individus qui ont porté des coups. Le prévenu reconnaît cependant ne pas être intervenu pour aider les jeunes à terre. “Je ne suis pas médecin”, s’est-il maladroitement justifié.

Après avoir utilisé ces jeunes comme punching-ball en lançant leurs casquettes, le massacre a commencé. C’est devenu du bowling, il a fallu en ramasser au maximum, dépeint Me Rivière, avocat d’une des 21 parties civiles. Ces étudiants avaient le droit de fêter la fin de leurs examens, mais ils avaient également le droit d’entendre la vérité de la part des prévenus, ainsi que des excuses. Aucun de ces droits ne leur a été accordé.

L’instigateur risque 5 ans de prison

Pour rappel, plusieurs jeunes ont été emmenés à l’hôpital après les faits, l’un d’eux a même reçu des coups alors qu’il était au sol et inconscient. Il a été question, pour certains d’entre eux, de multiples fractures, de commotion cérébrale, de côtes cassées, de mâchoire déplacée, d’arcade sourcilière ouverte…

Je me souviendrai toujours de l’image de mes meilleurs amis au sol, et moi me demandant s’ils étaient toujours en vie”, a témoigné à la barre l’une des jeunes victimes de l’agression. Outre la réparation des dommages au civil, la procureure du roi a requis une peine de 30 mois de prison pour le plus âgé des prévenus, 5 ans pour l’instigateur de la bagarre, et 2 ans pour chacun des deux autres.

Les avocats des quatre agresseurs ont tous demandé que l’on accorde à leurs clients un sursis probatoire avec comme condition principale de ne plus boire d’alcool.

La présidente du tribunal a précisé qu’en cas de probation, elle souhaitait être intransigeante : ils ne devront plus consommer d’alcool du tout, sans aucune exception. “Ils apprendront à connaître les bulles sans alcool”, a-t-elle insisté.

La présidente a également regretté que les prévenus ayant exprimé des excuses se soient adressés à elle plutôt qu’aux victimes. Bien qu’ils aient tenté de réparer leur erreur en dernière minute, la présidente les a interrompus dans leur élan : “C’est trop tard.” Elle rendra son jugement le 10 décembre.

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