C'est pour des faits assez particuliers que Julien (prénom d'emprunt) comparaissait ce jeudi matin à la barre du tribunal correctionnel. En effet, il lui était reproché d'avoir, durant près de trois ans, détourné des milliers de points de fidélité de la station-serviceTotal, où il travaillait alors, pour un montant total d'un peu plus de 1 400 €.

"Je conteste, assurait le prévenu. Ces points, je les ai reçus comme pourboire de la part de clients. Certains, qui ne les gardaient pas, me demandaient si j'avais une carte et si je voulais les récupérer."

Avec ces différents points, il était ainsi possible d'obtenir des réductions sur le plein de carburant, sur des achats effectués au sein du shop de la station-service ou encore même de récupérer de l'argent cash.

Comme l'expliquait l'avocate de la gérante de la station-service en question, qui s'était constituée partie civile, les cartes de fidélité sont normalement nominatives et les points ne peuvent alors pas être transférés à quelqu'un d'autre.

De son côté, Frédéric Bariseau, premier substitut du procureur du roi, requerrait une peine de travail d'au moins 60 heures à l'encontre du prévenu. "Le prévenu présentait en effet un nombre impressionnant de points Total. Certains étaient acquis de manière légitime alors que d'autres l'étaient via des clients de la station-service, avec leur accord ou à leur insu."

Les points récoltés représentaient ainsi des pleins équivalents à 300 000 km en trois ans. Le tout alors que le prévenu habitait à une quinzaine de kilomètres de son lieu de travail.

Son avocat, Me Van Malleghem, rappelait que le prévenu était en contact direct avec les clients. "Ce qu'il a fait, on en a tous été témoin au moins une fois à la caisse d'un magasin. Un client qui ne collectionne pas les points de fidélité d'une enseigne et qui les transmets à la personne juste derrière elle à la caisse."

Le conseil du prévenu expliquait en outre que le nombre de points signalés comme détournés était plus élevé que ce qu'il en était vraiment. "La gérante a additionné les points qu'il a récupérés ainsi que ceux qu'il a dépensés alors qu'il s'agit des mêmes points !" Selon Me Van Malleghem, on parle dès lors de sommes minimes. "Si l'on estime la période infractionnelle à trois ans, cela représente dès lors l'équivalent de 15 € par mois..."

Le conseil du prévenu assurait ne pas trouver, dans ce dossier, d'intention frauduleuse. Il demandait dès lors que son client ne soit pas sanctionné, d'autant plus qu'une ligne dans son casier judiciaire lui serait préjudiciable dans sa recherche de travail.  À défaut, la suspension du prononcé était sollicitée.