Sur les réseaux sociaux, ses publications sont nombreuses, traduisant un ras-le-bol évident. Et ce ne sont pas les dernières mesures prises à l’issue du Codeco qui vont apaiser Laurence Vigneron.

Responsable d’un centre d’esthétique à Basècles, Laurence est installée depuis… novembre 1987 ! Un fameux bail qui ne l’empêche pas de se poser des questions sur la suite des événements et sur les conséquences de cette nouvelle fermeture qui lui est imposée. Mais ses préoccupations ne tournent pas forcément autour des pertes financières.

"Je ne vais pas aborder l’aspect financier de mon institut car après tout, ceci ne regarde que moi, dit-elle d’emblée. Je vais devoir me priver, c’est certain, mais j’ai des collègues encore moins bien lotis que moi. A 51 ans, ce qui m intéresse, c’est de pouvoir vivre sans stress, parce que stress et santé sont étroitement liés."

Voilà qui a le mérite de la clarté. A ce stade, Laurence estime que la situation aurait dû évoluer différemment. "Nous arrivons en avril et on ne devrait pas en être là. Il y a un souci dans notre pays à différents niveaux : les lois, les finances…Tout est à revoir.... Cette pandémie nous a ouvert les yeux. Le gouvernement n’ose pas assez ! Pour avoir des citoyens respectueux, il faudrait avoir confiance en nos supérieurs. Je les appelle comme ça car nous, nous ne sommes que le peuple. Je plains notre descendance. En ce qui me concerne, le virus n’est pas chez moi. Les autres dermatoses non plus ! Je suis vigilante et l’hygiène, c’est essentiel, tout comme ma profession d’ailleurs…"

Laurence est persuadée que les mesures actuelles ne feront pas partir le virus comme par enchantement.

"Comme le disait un ancien ministre, on continue à sanctionner les indépendants qui ont besoin de travailler en les pointant du doigt comme les responsables alors que de toute manière, le virus va quand même continuer à circuler et que certaines personnes ne respecteront pas les mesures en vigueur."

Lors de la réouverture précédente, début mars, les clientes de Laurence étaient revenues sans trop d’appréhension. "Sauf peut-être les personnes plus âgées qui attendaient le vaccin promis mais qui, voyant qu’elles ne pourraient pas se faire vacciner tout de suite, ont fini par revenir elles aussi."

Période chargée...

Le carnet de rendez-vous de l’esthéticienne était bien rempli dans les semaines à venir.

"Avec le beau temps qui revient, les vacances de Pâques, le 1er mai et la fête des mères, c’est toujours une période bien chargée au niveau du boulot. Donc oui, les clientes avaient repris des rendez-vous. Avril devait être un gros mois. Elles étaient vraiment contentes de revenir, rien que pour le contact humain, qui reste très important pour beaucoup. Notre rôle est essentiel, surtout vis-à-vis des personnes un peu plus âgées. Ici au village, on se connaît, c’est un peu la famille. Elles sont besoin de ce contact. Se rendre chez la coiffeuse et chez l’esthéticienne, c’est toujours une sortie pour les gens. En plus, être belle et présentable, ça reste primordial pour le moral."

Sur les réseaux sociaux, Laurence a lancé un appel à acheter local pour sauver des emplois et préserver des familles. Elle ne lâchera pas et continuera à s’exprimer.