C’est le dossier qui fait débat en ce moment sur l’entité. Lors du conseil communal précédent, les élus avaient adopté les termes de la convention liant la commune à Ideta pour aménager le chemin n°27 reliant le fond de la rue du Carme à Basècles aux abords au canal Nimy-Blaton près de Péruwelz et ce dans le cadre des compensations liées à la modification du plan de secteur pour créer le zoning Polaris.

Cette fois, les conseillers devaient approuver le marché de travaux qui se chiffre à près de 295 000 €. "Nous recevons dans ce cadre un subside de 130 000 € environ et le solde sera pris en charge par Ideta, a indiqué Michel Dubois (Bel’Elan), échevin des finances. Il est question d’une signalisation verticale et horizontale, d’un revêtement en béton agrémenté par des plantations à gauche et à droite."

C’est ce fameux revêtement en béton qui pose problème à une partie des élus. En préambule, Bastien Marlot (Pour l’avenir) a assuré que son groupe était bien en faveur de la mobilité douce. "Mais ce bois est un site de grand intérêt biologique et au niveau du revêtement, des alternatives existent. Regardez les chemins aménagés aux marais d’Harchies. Il existe de nouvelles techniques de stabilisation des chemins forestiers. Une pétition vous a, je crois, été remise. Que je sache, le chemin vers la Mer de Sable n’est pas bétonné."

Bastien Marlot a aussi plaidé pour l’aménagement de mares dans le secteur.

L’endroit, qui englobe le calvaire Lapouille, est cher au cœur de Lise Amorison (Pour l’avenir), qui estime pour sa part qu’il faut donner la parole aux citoyens dans ce dossier. "Et ne pas agir en dépit du bon sens. Une pétition en ligne a circulé. Ce chemin doit être réhabilité, mais pas devenir le circuit de Francorchamps. Là où c’est bétonné, comme sur le Ravel, c’est la catastrophe, avec la présence de motos, de quads et de nombreux déchets qu’on retrouve. On ne veut pas de ça ici. Le cadre est idyllique et respectons cet environnement. Dans le projet, il y aura 150 000 € de béton. Je m’oppose à ça. C’est pitoyable. Stop au béton. Ce serait un coup de poing dans notre bois."

Belle jonction au niveau du Ravel

Le bourgmestre, Luc Vansaingèle (PS), a tenu à défendre le projet, avançant d’abord que le conseil communal avait déjà marqué son accord en… 2013 pour la convention entre la commune et Ideta et que le Gouvernement wallon avait embrayé. "Lise, tu déplores l’état du chemin mais en 2013, personne n’a trouvé malice puisque nous étions tombés d’accord sur l’aménagement d’une piste cyclo-piétonne. Le point avait été adopté à l’unanimité en 2013. Le premier rôle de cette voirie sera de permettre l’accès vers le zoning. Or, pour l’instant, 6 mois par an, ce chemin est impraticable. Des recherches ont été menées par le bureau d’étude d’Ideta. Il y a beaucoup d’humidité sur cette zone. Par fortes pluies, le chemin est recouvert par 10 centimètres d’eau et personne ne peut passer. Le projet est lié à la promenade, à la jonction avec Polaris aussi et sa concrétisation permettra également de faire le lien entre le Ravel 1, la dorsale wallonne donc, et la ligne 78 qui va vers Leuze et qui débute à Basècles-Carrières. Ce serait un beau maillage pour les randonnées pédestres et cyclistes et je ne vois pas pourquoi il faudrait aménager autrement un tronçon de 1200 mètres qui nous concerne ici."

Le bourgmestre indique qu’il y a exagération quand il entend dire qu’on va bétonner le bois. "Le chemin aura la même largeur et on ne va pas couper des arbres. On va même en replanter d’autres sur les côtés. Ce sera encore plus beau que maintenant et en plus, on va sécuriser. J’ai rencontré les propriétaires privés et ils sont plutôt contents de savoir qu’il n’y aura plus de quads, de motos de cross, de voitures et de camionnettes qui pourront passer, sans parler des commerces illicites qui y sont pratiqués. Et aujourd’hui, on nous demande de laisser tomber un projet qui sera financé à 100% par la Région ? C’est un beau projet. Placer de la dolomie ne serait pas possible. C’est trop marécageux. Je trouverais triste d’abandonner ce projet."

Luc Vansaingèle en a remis une couche quand il a évoqué la fameuse pétition. "Je ne suis pas d’accord avec la campagne citoyenne faite aujourd’hui à travers la pétition. Je suis persuadé que la plupart des signataires n’y sont jamais allés. Elle s’intitule Pour que le bois du calvaire Lapouille ne soit pas bétonné. Mais il n’est pas question de bétonner le bois, je le répète. On va même sécuriser la zone avec des barrières pour empêcher les véhicules de passer et pour ainsi limiter fortement le nombre de déchets qu’on peut y déposer. Je vous lis la provenance des signataires : Frameries, Silly, Evregnies, Chaumont-Gistoux…Francorchamps, Bruxelles...Silly. Tiens, il y a beaucoup de gens de Silly. Jumet, Waterloo…"

Alors qu’Alain Carion (Pour l’avenir) demandait si une étude ne pouvait pas être menée tout de même pour essayer de trouver une alternative, Luc Vansaingèle lui a répondu que même la problématique de l’écoulement des eaux avait été étudiée par Ideta." Il n’y a pas de meilleure solution si on veut donner l’accès au plus grand nombre et sécuriser l’endroit pour les familles", a assuré le bourgmestre.

Luc Vansaingèle et Michel Dubois ont souligné que le risque, en remettant en cause les décisions déjà prises dans ce dossier, était de perdre le projet.

Lise Amorison a fait remarquer qu’elle ne va pas aller à l’encontre de ce projet s’il n’y a pas d’autre solution. "Mais dire que le chemin est inondé 6 mois par an, c’est faux. Je précise aussi que sur le Ravel, on retrouve beaucoup de déchets. Je le remarque quand je m’y promène en famille."

Signataires de tous horizons...

Quand il insistait sur les signataires en provenance de Silly, Luc Vansaingèle a lancé une flèche en direction de Bastien Marlot, qui travaille dans cette commune. Silly, c’est aussi l’entité dans laquelle l’initiateur de la pétition, le Basèclois Frédéric Baudoin pour ne pas le nommer, travaille.

"Ne déformez pas mes propos, a ainsi répliqué Bastien Marlot. Il n’est pas question d’abandonner le projet et de renoncer aux subsides. Et deux fois, vous avez cité un village. Je n’accepte pas ces raccourcis. Je vous signale qu’il y a des gens de l’extérieur qui connaissent bien le site puisqu’ils y viennent notamment dans le cadre de cours de photos. Et des gens de Basècles ont signé aussi la pétition. Je veux rétablir la vérité par rapport aux sous-entendus. Il n’y a pas de polémique sur le fond du projet. Nous demandons des compensations avec des mares et un point d’exposition par rapport à la faune et à la flore. Il faut juste être attentif aussi aux doléances des citoyens."

Luc Vansaingèle s’est dit réceptif au sujet des mares et autres aménagements au profit de la découverte de la nature, ce qui a calmé les débats. "Les gens ont toujours peur quand il y a du changement. Mais dans 5 ans, vous verrez, tout le monde sera content", a dit le bourgmestre.

Au final, le groupe Pour l’avenir s’est abstenu sur le marché de travaux. "Mais une abstention positive", a ajouté Bastien Marlot.

Après le conseil, sur les réseaux sociaux, Frédéric Baudoin, qui a donc lancé la pétition, a tenu à réagir. "Faut-il être absolument Basèclois pour s'intéresser à l'environnement local ? Oui, j'amène des gens dans notre belle entité, à Basècles Beloeil, Stambruges. Ça vous étonne de voir des signatures venant de Silly, Bruxelles, Soignies et même Rochefort ? Que des gens extérieurs aiment notre région ? Oui, Monsieur le bourgmestre, je donne des leçons de nature chez nous : ornitho, entomo et photo. Oui, je fais découvrir notre région et ses coins reculés à des gens de tous les horizons. Et oui, nul n'est prophète en son pays. Je sors de mon petit village et oui, il est normal de se mobiliser pour protéger le peu qu'il nous reste. Non, le béton n'est pas la réponse à tout. Je suis cependant satisfait que l'environnement vous intéresse au point de signifier que vous allez replanter des arbres le long du chemin dans le bois. On n'échappera pas au béton, soit, c’est décidé depuis longtemps, mais nous serons vigilants à votre proposition de créer des mares, pour autant qu'elles ne soient pas interdites d'accès et à votre proposition de ne pas nuire à l'environnement. Est-il primordial de créer une liaison en béton pour aller du fond de la rue du Carme jusqu'au zoning ? A qui cela profite-t-il ? Vous avez dit avoir peur de perdre ce budget ! Faut-il absolument dépenser pour dépenser ? Je finirai par un merci, je me répète, pour la création de mares et de lieux propices à l'épanouissement de la nature le long du chemin n°27. Pour info, je bosse à Silly…"