Actuellement suivi par un thérapeute, Maxence (prénom d'emprunt), exerçant le métier de chauffeur poids lourds, devait s'expliquer devant la barre du tribunal de Tournai pour détention de matériel pédopornographique. Cependant, ce n'est pas la première fois que le prévenu se retrouvait devant le juge pour ce type de faits.

"Je ne conteste pas. J'ai un suivi avec un thérapeute et mon épouse me surveille beaucoup depuis les faits. Si elle devait me quitter, je ne sais pas ce que je ferais. L'apport que donne mon épouse est essentiel", déclare Maxence.

Plus de 7 000 fichiers saisis

Lors de l'audience, le représentant du ministère public n'a pas hésité à témoigner sa surprise lorsqu'il a parcouru le dossier de Maxence.

"Ce dossier m'a laissé bouche bée. Le prévenu se masturbait sur des photos d'enfants. Plus de 7 000 fichiers pédopornographiques ont été retrouvés et saisis à son domicile. Il photographiait de jeunes enfants âgés entre 4 et 16 ans en maillot de bain à la piscine lors de ses vacances. Il a d'ailleurs précisé que cela lui procurait du plaisir. Il représente donc un réel danger, je ne suis absolument pas rassuré. Il ne faut absolument plus que le prévenu ait accès à du matériel informatique. Je n'ose même pas imaginer ce qu'il serait capable de faire seul avec un enfant, c'est réellement une situation alarmante. Comme il a récidivé et vu le nombre de fichiers retrouvés, je requiers une peine de 37 mois d'emprisonnement à son égard".

L'avocat du prévenu a également été interpellé par le casier judiciaire de son client et est bien conscient qu'il a une réelle addiction pour images pédopornographiques. 

"Mon client a directement avoué les faits et il ne les minimise pas. Il reconnaît que c'est une addiction depuis 2014. Il avait eu un bon suivi thérapeutique mais en 2019, il a repassé à l'acte car le contact avec le thérapeute ne fonctionnait pas. Le suivi a donc été interrompu. Maxence rentrait alors de son travail et allait immédiatement sur son ordinateur où il emmagasinait de nombreuses photos. Malgré tout, son épouse est toujours restée à ses côtés et depuis son suivi thérapeutique, tout se passe bien pour lui. Je sollicite donc un sursis probatoire à condition que mon client poursuive sa thérapie, qu'il n'ait pas de contact avec des mineurs et qu'il ne détienne plus de matériel informatique".

Pour conclure, le prévenu a demandé devant la barre une seconde chance afin de retrouver une vie normale.

Le jugement sera prononcé le 20 mai.