Le conseil communal a adopté une motion en faveur du maintien d’agences bancaires et de distributeurs automatiques de billets de banque à proximité du domicile des citoyens. Un sujet sensible quand on sait que le village de Beloeil est totalement dépourvu de banques désormais.

"Cette motion, c’est très bien, mais elle arrive un peu tard, estime Cécile Chevalier (Pour l’avenir), qui connaît bien le sujet puisqu’elle travaille dans ce secteur. Il aurait fallu agir il y a plus d’un an. Quand la dernière banque de Beloeil-village a fermé, on avait déjà évoqué le problème et rien n’a été trouvé comme solution. La digitalisation bancaire continue à se développer, encore plus avec la pandémie. Les banques ne sont plus ouvertes que sur rendez-vous pour des conseils et accueillent de moins en moins de public pour des opérations traditionnelles de retrait et de virements. Nos commerçants, eux, font office de Bancontact de plus en plus souvent puisqu’ils donnent du cash aux clients. Bientôt, il sera certainement possible d’ouvrir un compte bancaire chez les commerçants. Le plan Batopin développé par de grandes banques prévoit une meilleure répartition géographique des distributeurs afin que chacun ait un distributeur dans les 5 kilomètres à la ronde. Il y a un autre souci, c’est l’accès aux nouvelles technologies pour une partie de nos concitoyens. La commune a-t-elle prévu quelque chose pour éviter cette fracture numérique ?"

Le bourgmestre, Luc Vansaingèle, a rappelé qu’il s’agissait bien de lutter contre la désertification bancaire, qui est réelle. "Sous la dernière législature, les banques ont supprimé 15 000 emplois. Le service au public a diminué. On intervient pour dire aux banques que ça suffit et pas seulement dans notre commune. On interpelle le Fédéral et la Région car c’est à ce niveau-là que ça doit bouger. Une commune ne peut pas faire grand-chose. Car quelle est la puissance d’une commune rurale par rapport à cette désertification ?"

Alain Carion (Pour l’avenir) pense que la commune peut quand même réaliser sa part de boulot. "Ne pouvait-on pas négocier quelque chose ? N’aurait-on pas pu le faire avant que la dernière banque ne quitte Beloeil-village ? Et pourquoi ne pas le faire dans le cadre du projet Batopin ? Car aujourd’hui, Beloeil-centre se situe à plus de 5 kilomètres des différents guichets bancaires."

La commune n'est pas une banque

Reste le problème de la fracture numérique. A ce sujet, le bourgmestre souligne que le CPAS et la commune, via le plan de cohésion sociale par exemple, peuvent toujours apporter une aide aux citoyens dans leurs démarches. "Maintenant, le service public comme une commune ne peut pas non plus développer tout ce que les privés laissent tomber. Les communes ne doivent pas jouer le rôle des banquiers."

Pour Pierre Marie Sprockeels (CAP), "la motion est bien gentille mais c’est une incantation stérile et elle ne servira à rien. Nous avions sollicité dans notre programme la mise en place d’un local dans les villages pour justement rendre des services aux particuliers. La commune doit mouiller le maillot car pas mal de gens, des personnes âgées surtout, sont victimes de la fracture numérique."

L’échevine de la culture et de la communication, Alicia Vandenabeele (PS), a tout de même précisé que depuis quelques années, cette fracture numérique avait tout de même tendance à diminuer sous l’effet de plusieurs actions. "Le personnel des bibliothèques a été formé à aider les personnes dans leurs démarches. Nous avons également mis 5 PC à disposition des ados, encadrés par des animateurs au foyer culturel, et des cours ont aussi été donnés aux plus de 60 ans."