Juste avant la polémique liée à la manière dont le conseil communal s’est terminé, Bastien Marlot (Pour l’avenir) avait donc posé une question au sujet de l’appel à projets Communes pilotes Wallonie cyclable, demandant au collège pourquoi Beloeil n’y avait pas répondu alors qu’il y avait des subsides pour le moins substantiels à aller chercher.

"Fin septembre-début octobre 2020, un courrier du SPW mobilité infrastructures était adressé à l’ensemble des communes par rapport à l'appel à projets Communes pilotes Wallonie cyclable. Les dossiers de candidature devaient être rentrés pour le 31 décembre 2020, ce qui laissait tout de même trois mois pour répondre à cet appel, a expliqué Bastien Marlot. Une enveloppe de 40 millions € était réservée pour financer les projets sélectionnés sur base de leur potentiel, de leur ambition et de leur vision stratégique."

Pour être retenus, fait remarquer Bastien Marlot, les dossiers de candidature devaient construire à leur échelle tout un réseau cyclable permettant de relier par exemple les pôles locaux d’activités, les zones d’habitat entre elles, les écoles, les commerces… "Tout ce qui doit être rendu directement accessible pour les cyclistes au quotidien. Leur sécurité et leur confort figuraient aussi parmi les critères majeurs, tout comme la prise en compte d’un stationnement vélo sécurisé, l’intermodalité avec les autres modes de transport, la formation et la sensibilisation des plus jeunes…"

Regrettable...

Le Gouvernement wallon a communiqué la liste des communes pilotes retenues, au nombre de 116. "Dont certaines sont très proches géographiquement de la nôtre comme Péruwelz, Frasnes, Ellezelles, Ath, Saint-Ghislain et Leuze, notre commune sœur de la zone de police, détaille le chef de file Pour l’avenir. Pour les communes de notre taille, le montant de subvention était plafonné à 300 000 €, montant que Leuze a obtenu. La subvention permet de couvrir essentiellement des dépenses en matière d'infrastructures, des aménagements sur le domaine communal ou pour lequel la commune dispose d'un droit. Les aménagements suivants étaient éligibles: chemin réservé, donc panneau F99, aménagement d’une piste cyclable séparée panneaux D7, D9 et D10, piste cyclable marquée, rue cyclable, bande cyclable suggérée, aménagements permettant de diminuer la vitesse en faveur des vélos dans les centres de village, petits travaux d'amélioration du confort, par exemple l'abaissement de bordure, signalisation verticale pour les cyclistes comme panneaux SUL, tourne à droite, panneaux directionnels et enfin stationnement vélo sécurisé ou non. C’est regrettable que vous n’ayez pas répondu, sachant que par exemple les chemins réservés F99 étaient subsidiés à 100%. Le dossier qui est passé récemment au conseil aurait donc pu être subsidié à 100%. Vous allez dépenser sur fonds propres alors que vous auriez pu recevoir des subsides."

Pareil, poursuit Bastien Marlot, pour le projet d’aménagement de la piste cyclable rue de Péruwelz, dont le budget prévu est de 500 000 €. "Il aurait pu rentrer dans cet appel à projets et être subsidiable à minimum 75% ! Nous déplorons, qu’une fois de plus, vous ne preniez pas la peine de répondre à des appels à projets intéressants. Pourquoi ?"

Selon le bourgmestre, Luc Vansaingèle, les effets de la crise sanitaire sur le personnel ont clairement empêché la commune de pouvoir transmettre un dossier complet dans les délais.

"La commune a pris connaissance de l’appel à projets de la Région wallonne au début du mois d’octobre 2020, juste avant le début de la deuxième vague, indique-t-il. Pour lutter contre la propagation du virus au sein de l’administration, des mesures ont été décidées par le collège, notamment des dispenses de service lorsque la distanciation entre les membres du personnel s’avérait impossible. Ces mesures prophylactiques ont été maintenues jusqu’à la fin du mois de février. A ces mesures, il faut ajouter les maladies, les quarantaines qui ont sérieusement perturbé le fonctionnement des services communaux et les ont souvent limités aux affaires courantes. Il ne faut pas chercher plus loin les raisons."

Luc Vansaingèle note par ailleurs que la proposition de la Région s’apparente plus à un concours. "Puisqu’il ne suffit pas de répondre à différents critères pour obtenir la subsidiation. Il existe un comité de sélection qui attribue des points en fonction de critères prédéfinis. Parmi ceux-ci, certains ne pouvaient pas être rencontrés dans le laps de temps imparti, surtout endéans cette période particulière : stratégie communale, potentiel d’usagers, types de déplacements, existence d’un plan de mobilité…"

Villes avantagées

Toujours selon le bourgmestre, d’autres critères avantageaient clairement les villes. "Des 9 communes retenues sur 23 de Wallonie picarde, 7 sont des villes. Et sur les 173 communes qui posé leur candidature, 116 seulement ont été retenues. Nous ne sommes donc pas la seule commune à avoir dû renoncer."

Il rappelle que la commune de Beloeil suit actuellement trois dossiers liés à la pratique du vélo et de la marche. "Un, la jonction entre le Ravel 1 et le Ravel 78 : ce projet entièrement subsidié ne coûtera rien à la commune. La minorité s’est abstenue en raison du revêtement en béton. Une remarque d’ailleurs, le projet Wallonie Cyclable exige le béton ou l’hydrocarboné ! Deux, la réfection complète de la rue de Péruwelz en vue de la liaison avec le zoning Polaris a été introduite à l’occasion de la deuxième modification budgétaire de 2020. La minorité a émis des considérations sur le coût et le fait que cette voirie se dirigeait vers une autre entité. Un agent communal a pris contact avec le cabinet du ministre afin de savoir si ce projet pouvait entrer dans l’appel à projets. Malheureusement, il n’a pas obtenu de réponse. Trois, le plan de mobilité douce n’était pas finalisé fin 2020. Il a été présenté au conseil communal du 3 février dernier. La minorité a demandé de le reporter et a voté contre, alors."

Luc Vansaingèle, avant de clôturer la séance, a lancé une dernière flèche. "Je voudrais aussi vous rassurer sur le dynamisme de notre commune en la matière avec un programme 2021 déjà bien chargé et en bonne voie et aussi vous dire que nous avons des projets à présenter puisque cet appel se veut pilote et que d’ici 2030, de nouveaux appels seront lancés. J’espère que les conditions seront meilleures et nous permettront de figurer parmi les heureux lauréats. Je suis en tout cas très satisfait de la question qui est posée aujourd’hui car elle montre votre intérêt récent pour la mobilité douce. Et je ne doute pas que nos prochaines initiatives seront encore mieux soutenues."

L’ambiance des prochains conseils s’annonce quoi qu’il en soit très chaude !