C’est un dossier qui remonte à… 2003 ! Il vient de revenir sur la table du conseil. La commune entend donner une nouvelle dynamique à Bernissart-Lac et c’est dans cette optique que l’adoption provisoire du PCAD, plan communal d’aménagement dérogatoire (au plan de secteur) était au menu. Objectif, à travers ce PCAD : empêcher une urbanisation à outrance sur le site.

“L’essentiel du site appartient à des privés, a rappelé Stéphane Meyrant, du bureau Arcadus, venu présenter le dossier. Il s’agit donc ici d’une orientation. Si on ne fait pas ce plan communal d’aménagement, le propriétaire principal serait susceptible de pouvoir y faire construire 500 chalets !”

Le but est donc de développer le site du lac aujourd’hui peu valorisé et bloqué par une situation juridique (plan de secteur et permis de lotir) qui ne correspond plus à la réalité économique d’un développement touristique imaginé il y a plusieurs dizaines d’années.

“Le projet prévoit plusieurs axes, a ainsi expliqué Stéphane Meyrant. Un, le maintien côté nord d’une zone de loisirs plus restreinte afin que la commune ait la main sur son développement éventuel. Ensuite, en dérogation au plan de secteur, pour la partie nord, le maintien donc de cette zone restreinte de loisirs et l’affectation du sol en une zone d’espaces verts dont 10 % d’espaces verts accessibles au public. Sur cette partie nord, la volonté est de mettre l’accent sur la préservation de la nature. La partie sud, elle, sera affectée en une zone d’habitat en continuité avec les logements qui existent rue des Iguanodons.”

Garantir les perceptions visuelles vers le lac depuis la rue des Iguanodons, voilà un autre souhait. Il faudra aussi penser à un nouvel accès entre la rue des Iguanodons et les futurs logements, tandis que les possibilités de balades pédestres seraient aussi augmentées.

“Du côté du puits Moulin, des pollutions ont été constatées dans le cadre de l’étude d’incidences. On a des pollutions en hydrocarbures et métaux lourds, vestiges de l’ancienne exploitation minière. Des études complémentaires seront nécessaires”, a indiqué l’auteur du plan.

Le gabarit actuel de la voirie rue des Iguanodons pourrait devenir trop étroit avec cette urbanisation envisagée. “Dès lors, le but sera de développer un gabarit plus confortable pour proposer un stationnement sécurisé, avec aussi des aménagements prévus comme trottoirs et pistes cyclables”, a ajouté Stéphane Meyrant.

Le plan d’aménagement dans son ensemble englobe donc des équipements de loisirs, récréatifs et touristiques, des logements moyens et sociaux, avec maisons et appartements, des fonctions complémentaires aux logements, tels que commerces de proximité, services, équipements communautaires liés à la vie de quartier et des espaces verts (parc public, zone d’isolement, talus…) avec comme expliqué une superficie de 10 % pour le parc public destiné à accueillir des jeux d’enfants et des terrains de sport.

Piétons et cyclistes devraient aussi y trouver leur compte.

“La commune ne bâtira rien du tout”

Le bourgmestre, Roger Vanderstraeten, a voulu préciser quelques éléments.

“La commune, elle, ne bâtira rien puisque ça ne nous appartient pas. Le PCA a pour but de revoir le permis de lotir. Actuellement, il y a une dizaine de chalets sur le site. Dedans sont installées des familles en situation de précarité et qui bénéficient pour la plupart d’un soutien du CPAS. Par le biais de ce PCA, on préserve les intérêts à la fois de la commune et des citoyens.”

La directrice générale, Véronique Bilouet, a fait remarquer qu’il s’agissait bien d’une adoption provisoire. “La procédure n’est pas terminée. Il y aura une enquête publique et ça reviendra devant le conseil communal.” Une enquête qui devrait débuter le 20 novembre.

La conseillère Anne-Marie Savini (ex-6tem-ic) s’interroge. “Est-ce qu’un promoteur va faire un projet entier ou est-ce que toutes les parcelles vont être vendues séparément de sorte que chacun pourra y faire ce qu’il veut ?”

Stéphane Meyrant a souligné que le PCA ne portait pas de jugement sur ce point. Anne-Marie Savini a souhaité savoir combien de maisons pourraient être envisagées.

“On pourrait approcher 175 résidences”, a répondu Stéphane Meyrant. Autrement dit, 500 personnes.

À propos de la problématique du manque de places de parking, le bourgmestre a répondu à la conseillère que si c’est la partie sud qui va être urbanisée, “les gens qui auront envie de venir se promener sur le site vont passer plutôt au nord.”

Si un parking devait être prévu, c’est bien au nord et non dans la nouvelle partie urbanisée au sud.

Pas d’inquiétude pour les pêcheurs

Roger Vanderstraeten a encore précisé qu’actuellement, les possibilités de balades étaient limitées pour les habitants de Bernissart puisqu’il s’agit d’une propriété privée. La commune veut reprendre la main.

“J’ajoute que le propriétaire du lac en lui-même pourra continuer son exploitation sans être inquiété comme il l’est actuellement car aujourd’hui, quelqu’un qui veut accéder au lac pour pêcher doit d’abord passer sur les terres d’un autre propriétaire et il doit payer une redevance de passage.”

© Devaux