BERNISSART Un projet immobilier refait surface mais la commune entend préserver une partie du site.

Endroit très prisé des pêcheurs, Bernissart-Lac va-t-il changer de visage ? C’est fort probable.

Le site, né dans les années septante du creusement de terres nécessaires à l’aménagement de l’autoroute, constitue un poumon vert dans l’entité.

Depuis une vingtaine d’années déjà, un projet aux accents immobiliers figure dans les cartons de la société Tedesco, propriétaire des lieux. Néanmoins, la commune souhaite qu’une partie du site conserve son caractère "nature". Elle veut préserver la partie Nord et le terril Sainte-Catherine et va donc signer avec le propriétaire une convention relative à l’acquisition de certaines parcelles.

Un plan communal d’aménagement est en cours. La configuration envisagée est celle-ci : une zone d’espaces verts au Nord et une zone d’habitat en lieu et place d’une zone de loisirs pour la partie Sud.

"Le propriétaire consent à vendre les parcelles au prix estimé par le comité d’acquisition moyennant la poursuite de l’élaboration du plan communal d’aménagement, dont la mise en œuvre est prévue pour le 31 décembre 2020 au plus tard ", a fait remarquer Roger Vanderstraeten (PS), le bourgmestre.

Ce dernier est clair : Bernissart-Lac doit pouvoir rester un lieu de promenade. "Le terril est par exemple un vestige de notre époque qu’il faut conserver. Une partie du site doit pouvoir être dévolue à la nature. La zone d’habitat serait quant à elle située du côté de la rue des Iguanodons."

Au prix de l’expertise

La commune pourrait donc acquérir la partie Nord, en quelque sorte le contournement de Bernissart-Lac, pour une somme de 205 000 € et le terril Sainte-Catherine pour 17 000 €, soit le prix de l’expertise. Et la contrepartie, afin que le projet immobilier puisse voir le jour, serait que la commune donne son aval pour faire modifier le plan de secteur. C’est donc vers cet échange de bons procédés, dira-t-on, que l’on se dirige.

La commune ne s’en cache pas : elle ne veut pas voir se multiplier sur le site de Bernissart-Lac des centaines de chalets. "Il y en a déjà environ une cinquantaine et certains sont insalubres. Ils sont occupés principalement par des personnes précarisées", indique le bourgmestre.

Les 43 hectares du site pourraient potentiellement accueillir jusqu’à… 250 chalets, mais les élus bernissartois, encore une fois, ne veulent pas entendre parler de ce scénario.

Quatre refus

Roger Vanderstraeten précise aussi que le projet immobilier ne se réalisera pas tout de suite . "La Région wallonne a émis des exigences. Nous en avons aussi. Et le bureau d’études Arcadus va plancher sur le projet."

Quatre conseillers, à savoir Martine Marichal et Saverio Ciavarella (Oxygène-IC) mais aussi Bénédicte Vanwijnsberghe et Laurent Deweer (6tem-ic), ont refusé le point. Laurent Deweer souligne que pour certains, ce sera le jackpot, le prix des terrains étant susceptible d’être multiplié, après modification du plan d’aménagement, par cent !

À signaler qu’un projet d’écoquartier avait été évoqué lors d’une réunion citoyenne, mais l’échevine Hélène Wallemacq (Ecolo) a souligné qu’il s’agissait d’une information erronée.