La conseillère d’opposition Bénédicte Vanwijnsberghe ne s’en cache pas : la Boucle du Hainaut, elle ne veut pas en entendre parler. Pour rappel, le projet de ligne à 380 kV entre Avelgem et Courcelles porté par Elia doit traverser 7 communes de Wallonie picarde, mais pas Bernissart. Or, des tracés alternatifs sont désormais envisagés. La commune de Bernissart pourrait-elle être impactée ?

Quoi qu’il en soit, Bénédicte Vanwijnsberghe aurait souhaité le vote d’une motion contre toute proposition d’Elia relative au projet de Boucle du Hainaut. Sauf que le bourgmestre juge cette démarche prématurée. Il s’en est expliqué.

"Quand les gens ne veulent pas d’un projet chez eux, ils essaient de trouver des alternatives pour le mettre ailleurs. Je déplore cette manière de procéder, a dit Roger Vanderstraeten. Nous avons eu notre lot avec une autre ligne à haute tension qui va être réalisée sur notre territoire. Certains citoyens avaient envisagé de déplacer le projet de l’autre côté de l’autoroute, uniquement sur Beloeil, mais je n’ai pas voulu. Nous avons trouvé un compromis. Ce n’est pas parce que ça ne nous convient pas qu’on doit déplacer le problème ailleurs. Ceci est une première chose. Maintenant, voter une motion alors que la conférence des bourgmestres a demandé une étude complémentaire ne me paraît pas judicieux. Ideta a mandaté l’Université de Mons à ce sujet. Il est donc prématuré de voter une motion. Les ministres attendent aussi les résultats de l’étude."

Pour Bénédicte Vanwijnsberghe, la question est de savoir si notre région a besoin ou pas de cette Boucle. "Il faut tenir compte de l’impact sur l’être humain, sur les animaux. La communication a été très limite. Les citoyens de Wapi doivent se montrer solidaires. Ce projet, on n’en veut pas. Ça va impacter notre paysage. On défend les producteurs locaux, le tourisme. Pour ma part, je suis catégorique quant au refus de cette Boucle."

Roger Vanderstraeten ne dit pas qu’il est pour cette Boucle, mais pose une question. "Et si une entreprise vient s’implanter chez nous et qu’elle a besoin de beaucoup d’électricité ?"

Pour Bénédicte Vanwijnsberghe, "en Région wallonne, on n’a pas de besoins complémentaires en consommation. Ici, si ce projet se concrétise, ce n’est pas nous qui allons en bénéficier. Il s’agit d’un transfert d’énergie." La conseillère Martine Marichal est d’accord avec elle.

Consulter les citoyens

Le bourgmestre reste sur ses positions. "Pour avoir une info plus précise, il faut attendre d’avoir cette étude avant de se prononcer. Les conseils communaux seront de toute façon amenés à se positionner."

Alors que Bénédicte Vanwijnsberghe sollicitait une consultation des citoyens sur le sujet, Maud Wattiez (Ecolo), échevine de l’environnement, a rappelé que des ateliers à propos des énergies renouvelables doivent se tenir sur l’entité en partenariat avec l’APERe. "Ceux qui étaient prévus seront suspendus ou reportés en raison de la situation sanitaire, mais j’invite toute personne intéressée à y prendre part. Les débats ne tourneront pas forcément autour de la Boucle du Hainaut mais ce dossier y sera abordé."