La présence d’une antenne 5G au niveau du parking jouxtant l’ancien Sablon à Condé-sur-l’Escaut, à deux pas de la frontière, a ému des citoyens français mais également pas mal d’habitants de Bon-Secours. C’est le cas d’Adrienne Roman.

"Je n’incrimine personne. Je veux juste comprendre, indique-t-elle d’emblée. Début août, j’avais emprunté la route menant de Bon-Secours à Condé et en revenant, j’avais bien remarqué la présence d’énormes tuyaux au sol sur le parking. Le lendemain, en ouvrant les stores des chambres à mon domicile, rue de Saint-Amand, j’ai vu cette antenne qui dépassait la hauteur des peupliers. Je me suis rendue sur place et là, j’ai rencontré des riverains français, dont Monsieur Gulli, directement concerné puisque l’antenne se situe tout près de sa propriété."

Le site est prisé car deux antennes d’autres opérateurs, plus petites, trônent déjà également sur le parking frontalier. Quoi qu’il en soit, Adrienne a lancé un groupe sur Facebook pour informer les citoyens et tenter d’en savoir plus sur les démarches ayant mené à l’installation de cette antenne. Sur les réseaux sociaux, les commentaires vont d’ailleurs bon train.

Elle se pose plusieurs questions. Les autorités françaises ont-elles pris contact avec leurs homologues belges pour les informer de cette installation ? Pourquoi les riverains directs n’ont pas été informés ? Toutes les autorisations légales ont-elles été obtenues ? Toujours dans un but constructif et dans une volonté de comprendre et d’améliorer la communication sur le sujet, Adrienne aimerait justement que les riverains passent une étape supplémentaire, à savoir mettre en place un outil, une structure comme un collectif permettant d’officialiser leurs demandes.

"A l’heure actuelle, je pense que les branchements de cette antenne n’ont pas encore été réalisés. Je crains comme d’autres les différentes nuisances engendrées par un tel projet : l’impact visuel, les risques éventuels pour la santé, la proximité des habitations, des écoles. Maintenant, ce n’est peut-être pas la 5G en elle-même qui est dangereuse mais ce qui est interpellant, c’est la quantité d’énergie fossile consommée pour réaliser ce projet. Est-ce vraiment indispensable de toujours vouloir plus, de consommer plus pour aller plus vite ? Je sais aussi que le parc naturel Scarpe-Escaut avait remis un avis assez défavorable, mais il s’agissait d’un avais simplement consultatif."

Réunion en octobre

Début octobre, le bourgmestre de Péruwelz rencontrera plusieurs riverains belges et français concernés par ce dossier afin de faire le point sur la situation. En attendant, sur la page Facebook Une antenne à Bonsecours (FR) ?, les inquiétudes des riverains, des deux côtés de la frontière, continuent à s’exprimer. Ils espèrent que le branchement ne se fera jamais.