A première vue, le défi de Gaëlle Dehon peut paraître un peu fou. Cette coiffeuse vient de déménager. Associée jusqu’alors à Péruwelz avec sa belle-mère, elle vole désormais de ses propres ailes avenue de la basilique à Bon-Secours. Fameux pari donc, mais un risque qui est tout de même calculé.

"J’ai commencé comme ouvrière avant de prendre la cogérance avec ma belle-mère. Nous louions les locaux sur Péruwelz tandis qu’ici, à Bon-Secours, j’ai eu l’occasion d’acheter le bâtiment. C’était déjà un salon de coiffure mais le monsieur est décédé."

C’est donc vers mars-avril…2020, soit au début de la crise sanitaire, que la Péruwelzienne a franchi le pas en devenant propriétaire. "Toute la procédure administrative liée à l’achat a dû se faire par visioconférence, précise-t-elle au passage. J’avais prévu dans un premier temps d’ouvrir mon salon en juin. Après réflexion, j’avais décidé de le faire pour décembre mais il a fallu attendre l’autorisation de réouverture des salons le 13 février. Au final, ça m’a permis de réaliser quelques travaux et en plus, j’étais en congé de maternité et j’ai donc pu m’occuper de mes enfants."

Bref, Gaëlle s’est lancée dans de bonnes conditions malgré la situation actuelle. Elle a décidé de baptiser son salon L’Essentiel by Gaëlle, une appellation pas innocente du tout.

"A force d’entendre que nous n’étions pas essentiels, ça m’a donné l’idée. Et ça restera comme ça."

Avant l’ouverture, Gaëlle se demandait si la clientèle allait la suivre. La réponse est positive. "Oui, les gens me suivent pour la plupart. J’ai même quelques nouveaux clients. Les Français reviennent aussi. Nous sommes proches de la frontière et les Français constituent 40% de ma clientèle. Comme les salons ont pu rouvrir plus tôt en France, ils se faisaient coiffer ailleurs, c’est normal. Mais je les revois à présent. Je remarque aussi que les clients, hommes et femmes, ont envie de changement dans leurs cheveux."

Plus de fermeture !

Epaulée par une ouvrière et une stagiaire, Gaëlle espère désormais ne pas connaître de creux. "Quand les salons ont pu rouvrir en juin dernier, on a connu un rush pendant plusieurs semaines mais après, c’était assez calme. J’espère que ce ne sera pas le cas cette fois. Mais j’ai confiance. Pour l’instant, on doit travailler en fonction des mesures sanitaires mais le salon fait 44 m² et on parvient à s’organiser sans problèmes."

Gaëlle attend la pose de son enseigne pour gagner encore en visibilité. Pour le reste, elle croise les doigts pour qu’il n’y ait pas de nouvelle fermeture due à la situation sanitaire.