Samedi après-midi, avenue de la basilique à Bon-Secours, Pamela Delespeaux était en train de coiffer symboliquement son mari Olivier quand la police a débarqué… sur dénonciation. Olivier Rooselaers nous détaille les faits.

“Notre magasin englobe une friperie américaine, que je tiens, tandis que ma femme a ouvert un salon de coiffure, indique-t-il. Il s’agit là d’une activité complémentaire puisque nous avons chacun un travail à côté. Ma femme est prof de coiffure. Elle peut donner cours à 15 élèves mais ne peut pas ouvrir son salon qui ne compte qu’un siège de coiffure et un siège de barbier. Ce samedi, pour répondre à l’action proposée par Coiffure.org, nous avions installé un siège juste devant notre magasin. L’idée était de choisir quelqu’un de sa bulle pour lui couper les cheveux. Nous avons demandé à un proche de nous prendre en photo.”

Jusque-là, aucun problème. Sauf que les coups de ciseaux ont dû vite cesser puisque la police a débarqué. “Nous étions là depuis 5 grosses minutes tout au plus. Les policiers nous ont dit que nous avions été dénoncés. Nous étions décontractés, puisque nous n’avions rien fait de mal. Nous avons coopéré et fourni nos cartes d’identité. Or, quand ils sont revenus de leur véhicule, l’un d’eux nous a signifié qu’un P.-V. allait être dressé et que nous allions avoir 250 € d’amende. Là, notre tête a changé. Nous n’avons pas voulu surenchérir, assure Olivier. Le but n’était pas de provoquer la police pour faire le buzz. La police a-t-elle cru que nous voulions faire du profit ? Ce n’était pas du tout le cas. C’était une action ludique de soutien aux coiffeurs et une manière de rendre hommage à la jeune barbière de Liège.”

La suite devait appartenir au parquet. Pamela et Olivier comptaient contester. Sauf que, contactée, la police nous assure que “nous avons fait cesser l’infraction mais nous n’avons pas rédigé de P.-V.”

Olivier se dit surpris. “Ah. Ce n’est pas ce que nous avons entendu. On verra. De toute façon, nous ne comptions pas payer le moindre euro.”

Au passage, Olivier Rooselaers met le doigt sur la situation des indépendants. “Ma femme et moi sommes en complémentaires et dès lors, nous n’avons eu droit à rien. Nous ne sommes que locataires du bâtiment mais il y a justement le loyer et des charges à payer. Nous avions ouvert il y a un an et nous commencions à nous faire connaître, explique-t-il. Au niveau de la vente de vêtements, nous avons perdu 60 % de chiffre. Nous travaillons beaucoup lors de meetings de voitures américaines qui ne peuvent plus se tenir. Et ma femme ne peut plus coiffer alors qu’à 300 mètres du salon, en France, les gens peuvent aller se faire couper les cheveux. Nos ministres ne vont plus chez le coiffeur ? Si nous avons décidé de nous lancer, ce n’est pas pour faire de l’argent à outrance mais juste pour satisfaire notre passion des États-Unis et nous rendre là-bas de temps en temps. Sur place, nous ne faisons pas que du tourisme puisque je m’approvisionne en vêtements directement aux États-Unis. Si ça continue comme ça, nous devrons fermer le magasin.”