Le confinement aura au moins eu le mérite de créer des vocations. C’est le cas pour Grégory Viaene. Cet informaticien originaire de Péruwelz et qui développe des logiciels le dit d’emblée : "je n’ai jamais été très manuel."

Pourtant, le citoyen de Bury s’est lancé il y a quelques mois dans une nouvelle aventure : le travail du cuir. "Je voulais faire quelque chose de mes mains. Développer des logiciels, ça reste créatif, mais c’est plutôt du virtuel. J’ai commencé à me renseigner, à regarder des vidéos. Le bois et le cuir m’intéressaient."

Grégory s’est donc finalement tourné vers le cuir. Son label, A&C cuir, fait référence aux initiales des prénoms de ses deux enfants. Désormais, il crée ses propres objets de maroquinerie dans son atelier installé en réalité… dans sa cuisine. "Je n’ai pas de garage équipé pour, alors je fais comme je peux, mais ça me va. Je voulais me lancer en me disant que si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferais jamais. J’ai acheté mon premier kit à outils sur une plate-forme célèbre en ligne. Pas forcément de bonne qualité, mais c’était pour faire un essai."

© Devaux

Grégory a débuté en confectionnant des porte-cartes. "Voilà plus de dix ans que je n’utilise plus de portefeuille mais plutôt des porte-cartes. Je m’en suis fait un, ainsi qu’un porte-monnaie. C’est léger, discret."

Perfectionniste, Grégory a appris sur le tas en regardant des vidéos et en visionnant des tutos. Il a même acheté des cours en ligne pour se perfectionner, de couture notamment.

Au fur et à mesure, il a élargi sa gamme : porte-clés, pochettes à tirettes pour les dames. Et puis, les ceintures. "Ça, ça a cartonné. J’utilise du cuir de super bonne qualité. Je fais tout à la main. La couture également. Pour une ceinture, il faut compter entre 2 h et 2h30 de travail."

Grégory aimerait un jour pouvoir se fournir dans une tannerie belge, ce qui n’est pas encore possible pour une simple question de coût. Il lui arrive quand même d’utiliser du cuir belge ou français, pour ses ceintures par exemple.

"J’utilise également du cuir italien, en fonction de mes besoins, à partir de panneaux qui sont découpés. J’essaie d’utiliser des cuirs de différentes couleurs pour apporter de la diversité. Je me suis aussi procuré des outils chinois ayant bonne réputation", poursuit Grégory en souriant.

Il s’est lancé aussi dans la fabrication d’un cartable pour son fils aîné. "Une vraie fierté. Il va pouvoir grandir avec. Il y a eu un engouement pour ce cartable à son école."

Avec les chutes, Grégory crée des boucles d’oreille et des bracelets. Bref, une belle panoplie.

Pour avoir une idée de prix, il vend ses ceintures 50 €. Il faut compter 40 € pour un porte-cartes et entre 12 à 15 € pour des boucles d’oreille.

Salons et marchés

"Le bouche à oreille fonctionne. Au départ, des copains ont commencé à m’acheter des objets et je me suis fait connaître via les réseaux sociaux, Facebook surtout. A Noël, j’ai pu réaliser mes premières ventes vers des personnes que je ne connais pas du tout. Je suis également sur Instagram mais là, c’est plutôt pour partager des expériences ou trouver des conseils et des idées auprès de spécialistes."

Le créateur de 35 ans l’assure : il est fier de ses origines et aime rappeler que son travail est effectué entièrement chez lui, en Wallonie picarde.

Comme beaucoup d’objets sont faits sur mesure, Grégory ne possède que quelques pièces en stock. A terme, il aimerait vendre ses créations sur des salons ou des marchés et aussi pouvoir collaborer avec des boutiques pour qu’elles vendent ses objets. "Et pourquoi pas à Péruwelz ? Ce serait une belle reconnaissance. La ville a une histoire avec le cuir. J’aimerais d’ailleurs retourner au musée du cuir et initier les enfants dès que ce sera possible."

Grégory Viaene a déjà suscité des vocations…à son domicile puisque madame s’y met aussi et que leur fils aîné apprend à coudre. "Cette activité me détend. Je prends ça comme un hobby et je m’amuse. Je crée en fonction de mes goûts. L’étape la plus difficile ? Le patron, sans doute. Trouver la bonne taille à votre création. L’expérience acquise fera que je me sentirai de plus en plus à l’aise. Je suis sans cesse en train de parfaire ma formation en demandant des conseils."

Grégory entend mener à court terme deux projets de création : un sac à main et un cabas.

Retrouvez-le sur Facebook A&C Cuir et via info@ac-cuir.be