Kevin Saudoyez va-t-il faire roucouler la Chassaudrie ? Très connu dans le milieu colombophile, il a rentré une demande de permis afin de faire construire un pigeonnier sur le site de sa future habitation qu’il est en train de faire ériger rue de la Chassaudrie à Péruwelz.

Seulement voilà, le projet ne plaît pas à tout le monde dans le voisinage. Plusieurs riverains s’inquiètent des nuisances éventuelles. Ils ont d’ailleurs déjà envoyé leurs doléances au collège communal, comme ils en ont le droit jusqu’à ce jeudi 8 octobre, tandis que des courriers de mécontentement ont aussi circulé dans la rue.

Mais quelles sont les craintes des riverains ? Le bruit, les odeurs… "Nous n’avons pas envie que des centaines de pigeons gravitent autour de nos maisons. Sans oublier que plusieurs d’entre nous souhaitent pouvoir récupérer les eaux de pluie sans risquer des problèmes de santé ensuite", explique cet habitant.

Contacté, Kevin Saudoyez, le demandeur, veut calmer le jeu. Actuellement basé à Tertre, il a choisi de déménager à Péruwelz et de faire construire là sa future maison pour avoir plus d’espace pour sa famille. "Je ne souhaite pas la guerre avec mes futurs voisins, assure-t-il. Je peux les comprendre. Si je n’étais pas issu du milieu colombophile, j’éprouverais moi aussi des craintes. Je veux juste faire savoir aux gens comment sera conçu ce pigeonnier et la manière dont il sera entretenu."

Lorsque qu’il a cherché un terrain pour construire sa maison, il y a trois ans environ, Kevin avait déjà en tête ce projet de pigeonnier. Mais pas n’importe quel pigeonnier. Il nous montre des photos.

"Déjà, je respecte la réglementation puisqu’il sera situé à au moins 20 mètres des habitations. Et ce pigeonnier sera construit avec les mêmes briques et les mêmes tuiles que ma maison. Sa hauteur ne doit pas dépasser 3,5 mètres. Ici, elle sera de 3,3 mètres, pour une longueur de 21,5 mètres."

L’infrastructure sera conçue pour accueillir 200 pigeons. "J’ai des reproducteurs et des voyageurs. Il n’y en a que 40 qui volent réellement. Et encore, on en perd durant les concours ou en raison des attaques de rapaces."

Les riverains craignent un nuage de pigeons au-dessus de leur tête et de leurs habitations, avec les odeurs et la saleté au rendez-vous.

"Mais les pigeons ne sortiront qu’une fois par jour, à l’aube, pendant 45 minutes, poursuit Kevin Saudoyez. Ils montent haut très vite et partent voler plus loin. Ensuite, j’ouvre une trappe et ils rentrent. Ils ne vont pas se poser sur les toits. Ce ne sont pas des pigeons qu’on voit sur les églises et dont les fientes occasionnent une vraie saleté. Je rappelle que je vais habiter sur place. Je n’ai pas envie d’avoir un dépotoir chez moi. Le pigeonnier sera doté d’un système de nettoyage avec tapis roulant avec récupération dans un bac hermétique et évacuation journalière. Un box fait 2,4 m3 avec deux pigeons dedans. Ils ont de la place. Et encore une fois, les fientes sont récupérées."

Quant au bruit, Kevin estime qu’un chien fait beaucoup plus de bruit qu’un pigeon.

Le colombophile a déjà à son palmarès trois victoires nationales. "Tout ça n’est pas un caprice. Je fais ça depuis près de 15 ans. Je dispute des concours nationaux et internationaux. Mes pigeons vont en Inde, aux États-Unis, en Roumanie. Partout dans le monde. Notre discipline est très surveillée. On parle bien de pigeons de concours, précise ainsi Kevin Saudoyez. Chaque animal doit passer un test ADN et possède une fiche d’identification. Il faut aussi faire des vaccins. Et après une victoire, je peux vous dire que je reçois les officiels pour des contrôles antidopage."

Il a lui aussi envoyé un courrier détaillé au bourgmestre pour expliquer son projet. Si jamais le collège décide de lui refuser le pigeonnier, il se demande déjà ce qu’il adviendra de ses pigeons.