Sur les réseaux sociaux, les langues commencent à se délier concernant une pension privée pour chevaux, le Centre de Loisirs Équestres, situé dans l'entité de Bernissart. A travers un groupe qui rassemble aujourd'hui 500 personnes, des passionnés accusent cette écurie de maltraitance animale et dénoncent des façons d'agir assez douteuses depuis de nombreuses années. Druscilla Vincent est à l'origine de ce groupe Facebook, qui rassemble les "victimes" de cette écurie. Voulant dénoncer les faits auprès de la population et même des autorités politiques, cette passionnée a lancé une pétition qui récolte aujourd'hui plus de 400 signatures. "Sans eau, sans nourriture, mon cheval et mon poney dormaient sur du béton. Ils bénéficiaient d'un espace restreint pour se déplacer (entre du fumier et un van)", explique Druscillia. "Mon cheval a perdu énormément de poids et avait des blessures sur tout le corps. Quant à mon poney, il a perdu des cratères de poils. En créant cette pétition, je veux éviter que de tels événements se reproduisent. Il faut faire le maximum pour aider ces animaux et ainsi éviter que d'autres chevaux subissent le même sort. Si mon cheval était resté un mois de plus, il n’aurait pas survécu".

© D.R.
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Des témoignages s'enchaînent, plus aberrants les uns que les autres. "J'avais mis mon cheval là-bas, il y a quelques années. Habitant juste à côté, je l'avais mis en location de box. Nous faisions les box et nous le nourrissions nous-mêmes. A cette période, cela se passait relativement bien. Par la suite, je suis tombée enceinte et faire le box est devenu difficile. J'ai donc décidé de mettre mon cheval en pension complète pour plus de facilité", précise une autre victime. "Tout a commencé à dégénérer. Mon cheval changeait de box non-stop, la plupart du temps sur le béton. Il était sorti toute la journée dans une petite carrière avec 15 autres chevaux, ils se marchaient dessus ! Un jour, mon cheval s'est pris un mauvais coup. La responsable m'a appelée un soir en me disant qu'il ne bougeait plus dans son box. Au final, c'était un hématome qui s'est transformé en abcès". Chantal aurait également vécu une mauvaise expérience au sein de cette écurie. "Ma fille est arrivée en juillet 2020 avec sa jument. La responsable nous avait vendu du rêve. Nous sommes donc arrivés avec la jument pour une pension complète et nous devions faire le box nous-mêmes. Sans nourriture, notre jument résidait dans une parcelle où il n'y avait ni herbe, ni eau. Après 2 mois, j'ai clairement vu dépérir la jument de ma fille. J'ai donc annoncé à la responsable que nous partions dès le lendemain".

"Elle nous faisait participer à de faux concours"

A côté de ces faits de maltraitance, de nombreux jeunes, auparavant très actifs au sein de cette écurie, dénoncent aujourd'hui des situations interpellantes. "J'allais dans cette écurie parfois de 9h à 20h. Tant que je n'avais pas nettoyé les box, je ne pouvais pas monter à cheval. Je me rends seulement compte maintenant de ce qu'elle nous faisait vivre. La responsable utilisait même mon poney pour ses cours et mettait tout l'argent dans sa poche", indique une passionnée d'équidés.

Certains parents évoquent également des faits assez troublants. "Ma fille a commencé jeune chez elle. Au début, elle participait aux cours à raison de quelques heures le samedi après-midi. Après quelques mois, elle se rendait toute la journée à des heures encore raisonnables. Mais bien vite, les heures sont devenues des journées complètes 7h/20h,21h,22h".

"J'ai commencé à prendre des cours équestres dans cette écurie en 2011 - 2012 , j’avais 10-11ans", dénonce une jeune fille. "Les premières semaines, tout allait bien. Par la suite, de nombreux frais se sont rajoutés à gauche et à droite, dont une assurance que je payais 90€ au lieu de 23€", précise Emilie. "Nous devions faire nos besoins dans des box. La responsable nous faisait participer à des faux concours chez elle et nous demandait de payer les épreuves".

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"En plus des enfants laissés sans surveillance, la gérante de l'écurie faisait venir sa coiffeuse ou esthéticienne les jours de cours ou stages. Si les petits voulaient monter, les grands devaient s'en occuper. L'été, elle ne faisait que des allers-retours à plusieurs kilomètres du centre afin de ramener les chevaux dans leur prairie. Tout cela en laissant les enfants seuls. Je me souviens de deux jumeaux d'à peine 5 ou 6 ans, victimes d'un retard mental. Pour ne pas les avoir dans son chemin, elle les enfermait dans sa salle ''le bar'' avec quelques jeux en plastique", raconte une autre victime.

Druscilla Vincent compte dès ce jeudi porter plainte auprès des services de police et faire part de ces actes qu'elle considère comme odieux. Nos éditions ont tenu à contacter la responsable de l'écurie afin de lui donner la parole mais cette dernière indique que l'ensemble de "ces propos sont exagérés et mensongers, les chevaux sont bien soignés".
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