Dans notre société, de nombreux enfants et adolescents sont victimes de harcèlement scolaire. Malgré que ce phénomène soit de plus en plus abordé et expliqué, certains jeunes n'osent pas toujours en parler.

Emeline Menu, originaire de Péruwelz, a été victime à plusieurs reprises, de harcèlement scolaire et plus précisément, à l'âge de quatorze ans et vingt ans. La jeune femme est passée par des moments difficiles qui seront à jamais gravés dans sa mémoire.

“À l’âge de quatorze ans, j’ai été malmenée par un groupe de trois ou quatre personnes. C’était à chaque fois des jeunes qui étaient un peu plus populaires et qui avaient une grande confiance en eux, contrairement à moi. Je subissais beaucoup de moqueries par rapport à mon poids. Pour ces élèves, j’étais moche et trop grosse. On me volait très souvent mes affaires, on me faisait des croche-pieds dans les couloirs et j’avais énormément de remarques sur mon physique dans les vestiaires”, déclare Emeline.


Après cette adolescence difficile liée au harcèlement scolaire, la jeune femme n'a jamais pensé revivre cela un jour. Sauf, qu'en rentrant dans le supérieur, les humiliations et les insultes se sont envenimées sur les réseaux sociaux.

"Lorsque j'avais vingt ans, je recevais beaucoup de moqueries et de réflexions. A cette époque, je postais des vidéos sur Internet à propos des sujets qui me touchaient. J'ai rapidement reçu des commentaires humiliants de la part de certains élèves. Ils m'envoyaient des messages 24 heures sur 24 dans le seul but de m'humilier. Au fur et à mesure, j'ai complètement décroché de l'école, je ne voulais absolument plus y aller. Je voulais simplement que l'on me laisse tranquille. Heureusement, un jour, grâce à l'équipe éducative, j'ai enfin eu le courage de donner les noms des personnes qui me faisaient vivre un enfer".


Plus forte que jamais

Malgré ces épisodes douloureux, Emeline en est sortie grandie et plus forte que jamais. "Tout ce que j'ai subi durant cette période de harcèlement scolaire m'a rendu plus forte. Désormais, j'analyse les situations différemment, je pardonne plus facilement et je suis plus sensible par rapport à certains sujets. Cela m'a également permis de contrôler mes émotions et de gagner de l'expérience même si j'aurais aimé apprendre autrement. Je n'ai jamais eu de réponse à mes questions et je pense que je ne saurai jamais pourquoi ces personnes s'en sont prises à moi. Je pense que ces différentes périodes resteront toujours gravées. D'ailleurs, à la suite du harcèlement, j'ai des troubles anxieux que j'essaie d'apaiser grâce notamment à la peinture", conclut Emeline Menu.